Le climat des affaires à un pic de près de 3 ans en Allemagne

le
0
    * L'indice Ifo à 111,0 
    * Signe encourageant pour la croissance allemande au T4 
    * Trump, Grèce et Brexit restent des menaces 
 
 (Actualisé avec précisions, contexte, commentaires) 
    par Joseph Nasr 
    BERLIN, 19 décembre (Reuters) - Le climat des affaires s'est 
amélioré en décembre en Allemagne pour atteindre un pic depuis 
février 2014, montre l'enquête mensuelle de l'institut d'études 
économiques Ifo publiée lundi, qui soutient l'hypothèse d'un 
rebond de la première économie d'Europe au quatrième trimestre. 
    Les économistes voient dans les résultats de cette étude une 
preuve de la résistance de l'économie allemande malgré les 
nombreux nuages à l'horizon, de la décision britannique de 
sortir de l'Union européenne aux incertitudes relatives à la 
future politique économique de Donald Trump aux Etats-Unis en 
passant par les craintes sur la santé financière de la Grèce et 
de l'Italie. 
    L'indice Ifo, calculé à partir d'un échantillon d'environ 
7.000 entreprises, a grimpé à 111,0 ce mois-ci après 110,4 en 
novembre, chiffre non révisé. 
    Les économistes interrogés par Reuters s'attendaient à une 
hausse plus limitée, avec une anticipation moyenne à 110,7. 
    "L'économie allemande réussit une fin d'année solide", 
commente Clemens Fuest, le président de l'Ifo. 
    Il souligne notamment la progression des indices relatifs au 
secteur manufacturier et aux ventes en gros et le fait que les 
industriels prévoient d'augmenter leur production dans les mois 
à venir. 
    "La crise italienne n'a pas le moindre effet. Les marchés 
savent que la BCE est prête à sortir l'extincteur", affirme pour 
sa part Klaus Wohlrabe, économiste de l'Ifo. 
    Cet institut a déjà prédit vendredi que l'économie allemande 
connaîtrait au quatrième trimestre un rebond plus marqué que 
prévu et que cet élan se poursuivrait en 2017. La croissance 
allemande a subi un net ralentissement à 0,2% l'été dernier. 
     
    RISQUES EXTÉRIEURS 
    Carsten Brzeski, économiste chez ING, juge néanmoins que la 
croissance sera plus faible en 2017 que cette année car ses 
trois principaux moteurs (construction, consommation et dépenses 
publiques) risquent de caler en raison, respectivement, de la 
fin de la baisse des taux, d'un redressement de l'inflation et 
d'une stagnation du chômage. 
    "Malheureusement, comme avec toute bonne chose, l'actuel 
cycle positif de croissance arrive aussi à son terme. 
Progressivement, pas brutalement", écrit-il dans une note à ses 
clients. 
    "Les véritables risques pour les perspectives allemandes 
semblent essentiellement provenir de l'extérieur. L'impact 
toujours inconnu du président élu Trump sur les politiques 
économiques et commerciales, l'incertitude persistante autour du 
Brexit et le réveil des tensions politiques en Europe en raison 
de plusieurs élections ou d'une nouvelle poussée de fièvre sur 
la crise grecque sont de notre point de vue les principaux 
risques pour 2017", ajoute Carsten Brzeski. 
    Le sous-indice de l'Ifo mesurant les conditions actuelles a 
toutefois atteint en décembre son plus haut niveau depuis 
février 2012, à 116,6 contre 115,6 le mois dernier. Les 
économistes l'attendaient en moyenne à 115,9. 
    Le sous-indice du commerce de gros a pour sa part atteint un 
pic de près de trois ans, signe de l'importance croissante de la 
consommation intérieure pour l'économie allemande. 
    Tableau   
 
 (Avec Jörn Poltz; Bertrand Boucey pour le service français, 
édité par Wilfrid Exbrayat) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant