Le Clermont de Corinne Diacre entre en scène

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Le Clermont de Corinne Diacre entre en scène
Le Clermont de Corinne Diacre entre en scène
Le Clermont-Foot avait d'abord choisi Helena Costa. Mais c'est finalement Corinne Diacre qui sera sur le banc. Cette ancienne joueuse est donc devenue la première femme à diriger une équipe professionnelle. Une première qu'elle ne semble pas redouter.

Corinne Diacre, cela fait maintenant un mois que vous êtes au club. La prise de marques est dépassée mais comment s'est passé votre adaptation à votre arrivée à Clermont ?
Très rapidement, je savais où je voulais aller. C'était une opportunité de travailler dans un club professionnel et je l'ai saisie. Il me fallait quand même une période d'observation, notamment par rapport au groupe, puisque je ne connaissais pas les joueurs. Il m'a fallu au moins 48 heures pour retenir tous les prénoms et surtout le bon prénom sur le bon visage. (Rire) Mais après, l'échange est plus facile avec les joueurs.

Comment vous voyez-vous en tant que coach ? Différente de la joueuse ?
Ah oui, c'est autre chose. Déjà, il va falloir que je fasse mes preuves car je démarre. Mais je pense que mon passé de joueuse et ma personnalité vont me servir. De toute façon, je ne pourrai pas me dissocier, c'est une évidence. Je sais pourquoi je suis là et ce que j'ai envie de faire. J'ai envie d'avoir des résultats et cela va passer par du travail, de la rigueur... Ce que j'impose à mes joueurs, je me l'impose aussi et vice versa.

El Pais, The New York Times, toute la presse française... Vous êtes rentrée dans une nouvelle dimension ?
Je ne m'attarde pas sur ça. J'ai assez de choses à penser sur le terrain, sur le relationnel que je dois aussi avoir avec mes joueurs parce que j'ai réduit mon groupe il y a quelques jours. Je sais aussi que j'ai fait des déçus. Certains ne me parlent quasiment plus aujourd'hui mais ça fait partie du job et je peux comprendre que les joueurs soient déçus. Je leur ai expliqué au départ que la saison serait longue, que j'aurai besoin de tout le monde... Certes avec des choix. Je suis honnête, c'est une manière de les respecter.

La reprise de la Ligue 2 a lieu le 4 août pour Clermont. C'est tout nouveau pour vous...
Oui, je n'ai pas connu le monde professionnel. Ceci dit, j'ai quand même été entraîneur adjoint pendant plus de cent matchs en équipe de France avec Bruno Bini. Même si je n'ai pas entraîné au niveau professionnel, j'ai fait plusieurs Coupes du Monde ou Championnats d'Europe, et même les Jeux Olympiques, en tant que joueuse ou entraîneur adjoint. C'est du haut niveau. L'appréhension des matchs de haut niveau, je connais cette gestion-là. Ça ne me fait pas peur. Par contre, à moi de canaliser tout ça pour que je ne transmette pas une pression négative à mon groupe.

On s'arrête souvent au fait que vous soyez une femme mais pas à vos qualités et à vos compétences...
Les qualités, ce sera à moi de les prouver donc je sais que je vais y être confrontée, ce n'est pas gênant. Ce qui me gêne le plus, c'est pourquoi on s'intéresse à une femme qui entraîne des hommes et pas aux hommes qui entrainent des femmes depuis des années. Et pourquoi je n'ai pas eu ma chance d'entraîner un club féminin... La logique serait aujourd'hui qu'une femme entraîne des femmes et un homme entraîne des hommes. Mais ce n'est pas le cas puisque j'ai été refusée dans un club féminin.

Quels sont vos objectifs pour cette saison qui démarre ?
Du côté du président, les objectifs sont simples : il n'y en a pas. Pas d'objectifs précis en tout cas. Notre minima, c'est le maintien en Ligue 2. Après, il y en aura d'autres en cours de saison, que l'on va se fixer avec mes joueurs. Les matchs, on va les jouer pour les gagner et l'ambition fait partie du jeu. Sans ambition, on n'a rien à faire là.

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