Le cigarettier Imperial Tobacco supprime 366 emplois

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FERMETURE DE LA PREMIÈRE USINE FRANÇAISE DE CIGARETTES
FERMETURE DE LA PREMIÈRE USINE FRANÇAISE DE CIGARETTES

par Guillaume Frouin

NANTES Loire-Atlantique (Reuters) - La Seita a confirmé mardi la fermeture de la première usine française de cigarettes, qui emploie 327 salariés près de Nantes, ainsi que celle de son centre de recherche et développement de Bergerac (Dordogne), où travaillent une trentaine de personnes.

Son propriétaire britannique Imperial Tobacco, qui a lancé un vaste plan d'économies face au déclin de ses ventes en Europe, va également fermer son usine historique de Nottingham (Royaume-Uni), qui emploie 540 personnes.

Le plan prévoit de réaliser 300 millions de livres (364 millions d'euros) d'économies par an à compter de septembre 2018.

Les fonctions commerciales et support de la Seita localisées à Paris seront également restructurées mais le groupe dit tabler sur la création de 80 emplois.

Pour la France, 366 postes seront supprimés en net.

"Le projet de réorganisation vise à sauvegarder la compétitivité et assurer la pérennité d'Imperial Tobacco et de Seita face aux difficultés rencontrées sur les marchés européens et français", justifie la société dans un communiqué.

A Londres, la directrice générale Alison Cooper a souligné que les suppressions d'emplois étaient "toujours regrettables" et que tout serait fait pour soutenir les employés concernés et traiter leur cas "d'une manière juste et responsable".

Le cigarettier se dit confronté à « un important ralentissement de la demande de tabac, à l?accroissement de la pression réglementaire et à l?explosion de la contrebande et de la contrefaçon".

En France, le marché des cigarettes a ainsi baissé de près de 50% depuis 2000, selon la Seita, "chute qui s?explique pour moitié par la baisse de la consommation et pour l?autre moitié par le développement du marché illicite, estimé aujourd?hui à 25% de la consommation nationale".

Dans ce contexte, Imperial Tobacco explique n'avoir pour alternative que de fermer les usines de Carquefou et Nottingham, « ces deux unités ne produisant qu?à 50% de leurs capacités ».

Le site de Carquefou produit à lui seul 12.000 tonnes de cigarettes par an, sous une trentaine de marques (Gauloises blondes, News, JPS...).

LES SALARIÉS EN APPELLENT À MONTEBOURG

La fermeture des deux sites s'échelonnera sur deux ans et la production sera relocalisée dans d'autres pays européens.

Les activités de l'usine nantaise vont être "quasiment toutes transférées en Allemagne et en Pologne", a dit à Reuters Michel Laboureur, secrétaire CGT du comité d?entreprise.

Par ailleurs, 132 postes seront créés à Radom (Pologne) pour fabriquer les Gauloises blondes françaises, a-t-il précisé.

Outre une petite filiale en Corse, le fabricant de cigarettes ne conserve ainsi plus en France que son usine de Riom (Puy-de-Dôme), où travaillent 224 personnes.

La Seita dispose par ailleurs toujours d?une plate-forme logistique au Havre (Seine-Maritime) et d?un centre de recherche et développement près d?Orléans (Loiret), qui emploient chacun une centaine de personnes.

"Dans l?immédiat, on ne lance pas d?appel à débrayage: on ne va pas appeler les gens à perdre de l?argent, cela ferait le jeu d?Imperial Tobacco", a dit Michel Laboureur.

"On va d'abord rentrer en contact avec le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg pour qu?il interdise cette délocalisation, afin de pouvoir continuer à produire en France des produits français", a-t-il ajouté.

Des "solutions d?accompagnement" vont être mises en ?uvre pour les salariés concernés, mesures qui feront l?objet de négociations avec les syndicats à compter du 24 avril, indique la Seita.

Des "actions de revitalisation » des bassins d?emploi les plus touchés sont également promises pour « attirer de nouvelles entreprises créatrices d?emplois » et « soutenir le développement des entreprises locales".

La maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, a dénoncé mardi "une logique purement financière" sans "fondement économique". Elle a demandé au préfet d'organiser une table ronde avec l'ensemble des parties concernées et les collectivités locales "pour examiner toutes les solutions permettant de sauvegarder l'entreprise et ses 327 emplois".

A la suite de son rachat en 2008 par Imperial Tobacco, l?ex-régie publique ? qui disposait du monopole de la vente de tabac en France jusqu?en 1976 ? avait déjà fait fermer la dernière fabrique française de cigares à Strasbourg, ainsi qu?une usine à Metz, entraînant au total 1.068 suppressions d?emplois.

(avec Martinne Geller à Londres et Sophie Louet à Paris)

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  • dotcom1 le mardi 15 avr 2014 à 15:32

    Bientôt Montegourde en couv de Vogue avec une clope au bec?

  • glaty le mardi 15 avr 2014 à 15:24

    Hé bien,! ils n'ont qu'à changer de métier voila tout..

  • cresus57 le mardi 15 avr 2014 à 15:13

    Mais que fait Montebourde ?

  • mucius le mardi 15 avr 2014 à 13:30

    La Gauloise est-elle aussi un fleuron de l'industrie française à l'égal de la sidérurgie? Ou du poulet breton? Ou de la marinière?