Le ciblage des baisses de charges du "pacte" en question

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LE GOUVERNEMENT CHERCHE LE BON ÉQUILIBRE SUR LA BAISSE DES CHARGES
LE GOUVERNEMENT CHERCHE LE BON ÉQUILIBRE SUR LA BAISSE DES CHARGES

PARIS (Reuters) - L'aval des partenaires sociaux au texte sur les contreparties au "pacte de responsabilité" étant acquis, le gouvernement cherche le bon équilibre entre une baisse de charges sur les bas salaires, plus efficace pour l'emploi, et sur les hauts salaires, qui aiderait davantage les entreprises exportatrices.

Après la CFTC jeudi, la CFE-CGC a confirmé lundi qu'elle signait le relevé de conclusions négocié avec le patronat, et la signature de la CFDT, qui doit être confirmée cette semaine, ne fait aucun doute.

Le gouvernement doit maintenant choisir d'ici le 15 avril où faire porter la baisse supplémentaire de 10 milliards d'euros du coût du travail promise aux entreprises par François Hollande.

Dans les discussions avec le Medef, la CGPME et l'UPA, un consensus a selon lui émergé pour conserver le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), qui baisse le coût du travail jusqu'à 2,5 smic et atteindra 20 milliards d'euros en 2015.

"La question qui se pose, c'est les 10 milliards d'euros supplémentaires, c'est ce dont nous parlons", a déclaré dimanche le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, sur BFM TV.

"Il y a un arbitrage à faire entre ce qui va vers l'emploi - et plus on allège sur les bas salaires, plus c'est créateur d'emplois - et ce qui va vers la compétitivité et donc vers les plus hauts salaires", a-t-il ajouté.

Les petites entreprises préfèrent les baisses sur les bas salaires car elles en comptent davantage, tandis que les plus grandes veulent doper leur compétitivité en touchant les hauts.

"L'EMPLOI PASSE PAR LA COMPÉTITIVITÉ"

"Le seul enjeu, c'est plus de croissance et plus d'emplois, et l'emploi passe évidemment par la compétitivité", a déclaré le ministre du Travail, Michel Sapin, au Journal du Dimanche.

"En faisant diminuer le coût du travail sur les plus bas salaires, nous irons dans le sens d'un maximum de créations d'emplois. Mais c'est bien sûr l'ensemble des entreprises dont, d'une manière ou d'une autre, il faut soutenir la compétitivité", a-t-il ajouté.

Le Medef a proposé de conserver le CICE et les allègements "Fillon" allant jusqu'à 1,6 smic et de diviser par deux les cotisations familiales d'ici 2017, afin de baisser le coût du travail sur toute l'échelle des salaires.

Des dirigeants de grandes entreprises comme Airbus Group ont critiqué le CICE, en expliquant qu'ils payaient leurs salariés plus que 2,5 smic et que cette mesure aidait surtout des entreprises peu confrontées à la concurrence internationale et donc à la pression sur les prix.

Le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) estimait en octobre qu'en termes de répartition de l'effort budgétaire du CICE, "38% devraient bénéficier aux entreprises non exportatrices, 35% à celles dont les exportations représentent moins de 5% du chiffre d'affaires, et 27% à celles exportant pour plus de 5% de leur chiffre d'affaires".

"Le CICE bénéficie à la compétitivité à l'export", a déclaré vendredi la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, devant le European American Press Club. "Les entreprises qui exportent vont capter 62% de cette baisse de charges, c'est exactement la part qu'elles prennent dans l'emploi."

"On peut dire que ce n'est pas assez, j'ai cru comprendre qu'on pourrait faire plus (...) mais dire que ça ne profite pas aux entreprises françaises qui sont dans la bataille mondiale, ce n'est pas vrai."

(Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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  • lorant21 le lundi 10 mar 2014 à 16:41

    Cela sent le gaz... Pourquoi viser l'export? Si une entreprise française produit des sèches cheveux et n'en exporte pas, être moins chère lui permettra des baisser les importations de sèches cheveux chinois.. Bref, il n'y a pas à cibler: c'est toute l'industrie qui doit en profiter en priorité.

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