Le chômage progresse encore en Allemagne mais reste bas

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HAUSSE DU CHÔMAGE EN ALLEMAGNE
HAUSSE DU CHÔMAGE EN ALLEMAGNE

par Michelle Martin

BERLIN (Reuters) - Le chômage en Allemagne a augmenté pour le cinquième mois consécutif en août, une hausse qui s'ajoute à une série d'indicateurs économiques reflétant l'impact de plus en plus sensible de la crise de la dette sur la première puissance économique d'Europe.

Stable à 6,8%, le taux de chômage reste toutefois proche de son plus bas niveau depuis la réunification du pays en 1990, même si l'Office fédéral du travail note que le ralentissement de la croissance commence à peser sur le marché de l'emploi, longtemps l'un des plus résistants d'Europe à la crise.

La croissance allemande a ralenti à 0,3% au deuxième trimestre, en raison notamment de la baisse de l'investissement des entreprises face à la dégradation de leurs carnets de commandes.

De nombreux économistes s'attendent à une contraction du produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre, et certains prévoient une récession (deux trimestres consécutifs de contraction) au second semestre de cette année.

"Le marché du travail est en train de perdre son élan. Ce n'est pas surprenant au vu de l'évolution de la situation économique depuis l'hiver, le chômage étant un indicateur retardé. La dégradation de la crise de la dette souveraine est en train de s'y ajouter", explique Eckart Tuchtfeld, économiste de Commerzbank.

Le nombre de demandeurs d'emploi en données corrigées des variations saisonnières (CVS) a augmenté de 9.000 en août selon l'Office fédéral, un chiffre proche des attentes, portant le nombre total de personne sans emploi à 2,901 millions, son plus haut niveau depuis novembre dernier.

LE RETOUR DU 'KURZARBEIT'

De grandes entreprises allemandes comme le distributeur Metro, la compagnie aérienne Lufthansa ou Deutsche Bank ont annoncé ces dernières semaines leur intention de supprimer plusieurs milliers de postes au total.

D'autres, comme Opel, la filiale allemande du constructeur automobile américain General Motors, ou le sidérurgiste ThyssenKrupp ont renoué avec le "Kurzarbeit", les mesures de chômage partiel indemnisé largement utilisées par l'industrie allemande durant la crise financière de 2008-2009.

Le directeur de l'Office fédéral du travail, Frank-Jürgen Weiser, a évoqué jeudi une évolution "de plus en plus faible" des indicateurs du marché de l'emploi.

Si elle se confirmait, cette tendance pourrait devenir un sujet de préoccupation politique pour la chancelière Angela Merkel à l'approche des élections législatives de 2013 et alors que nombre d'Allemands rechignent à l'idée que leur pays vienne en aide aux pays en difficulté de la zone euro.

La bonne santé du marché du travail jusqu'à ces derniers mois, résultat d'années de réformes structurelles et de modération salariale, assurait un solide soutien à la demande intérieure au côté des exportations, moteur historique de la croissance allemande.

"Mais à l'avenir, il n'est pas certain que la consommation privée puisse réellement prendre le relais comme principal moteur de l'économie allemande", estime Carsten Brzeski, économiste d'ING.

"Les chiffres d'aujourd'hui sont une nouvelle preuve du fait que le marché du travail perd progressivement son élan et que l'impact favorable sur l'économie pourrait se dissiper en fin d'année."

Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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