Le chômage en zone euro plus élevé que les chiffres officiels-BCE

le
0
    FRANCFORT, 10 mai (Reuters) - Le chômage dans la zone euro 
est plus élevé que ne l'indiquent les statistiques officielles, 
ce qui constitue un frein persistant à la croissance des 
salaires, déclare la Banque centrale européenne (BCE) dans une 
étude publiée mercredi. 
    Cette situation pourrait retarder la normalisation de la 
politique monétaire de la BCE.  
    L'institut de Francfort juge qu'une dynamique en matière de 
croissance des salaires est nécessaire pour parvenir à un rebond 
durable de l'inflation dans la zone euro, condition préalable à 
l'abandon de sa politique ultra-accommodante faite de taux 
négatifs ou nuls et de dizaines de milliards d'euros de rachats 
d'actifs par mois depuis mars 2015. 
    L'incohérence entre le recul du chômage et la faible 
progression des salaires n'est qu'apparente, souligne la BCE 
dans cette étude, car les chiffres officiels excluent toutes les 
personnes ne respectant pas certains critères statistiques 
stricts mais aussi tous les temps partiels subis, alors même que 
ces deux catégories contribuent à l'atonie du marché du travail. 
    Ajusté de ces catégories, le sous-emploi atteint environ 15% 
dans la zone euro, soit bien au-dessus du taux de chômage 
officiel de 9,5%, et seule l'Allemagne semble manifester des 
signes de tension sur son marché du travail. 
    "En France et en Italie, les mesures plus larges du 
sous-emploi sur le marché du travail ont continué d'augmenter 
durant toute la période de reprise (économique), alors qu'en 
Espagne et dans d'autres économies de la zone euro, elles ont 
enregistré un récent déclin mais restent bien supérieures aux 
niveaux d'avant-crise", est-il écrit dans cette note de la BCE. 
    "Le niveau de l'indicateur élargi de la sous-utilisation de 
la main d'oeuvre reste élevé et cela va probablement continuer à 
freiner la dynamique des salaires." 
    Les réformes du marché du travail, en partie promues par la 
BCE, ont contribué à l'essor du travail à temps partiel, offrant 
aux employeurs une plus grande souplesse dans la gestion de 
leurs effectifs. Les entreprises privilégient désormais ce type 
d'embauches plutôt que d'accroître la charge de travail de leurs 
employés. 
    Le nombre de postes à temps partiel ou à durée déterminée a 
augmenté de près de quatre millions dans la zone euro depuis la 
crise financière alors même que l'emploi total n'a pas augmenté. 
    La BCE estime qu'environ 3,5% de la population en âge de 
travailler est statistiquement inactive même si cette fraction 
pourrait rapidement revenir sur le marché du travail. Une autre 
fraction de 3% est sous-employée, c'est-à-dire travaille moins 
qu'elle ne le souhaiterait. 
    Avec ces deux catégories, le sous-emploi dans la zone euro 
est encore supérieur de trois points de pourcentage à son niveau 
d'avant-crise, indiquent les données de la BCE. 
    Autre sujet de réflexion pour la BCE, l'essentiel des 
créations d'emploi s'effectue dans les services, où les gains de 
productivité sont intrinsèquement plus faibles, ce qui constitue 
un facteur supplémentaire de limitation à la hausse des 
salaires. 
 
 (Balazs Koranyi; Bertrand Boucey pour le service français, 
édité par Wilfrid Exbrayat) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux