Le chômage au plus bas depuis plus de cinq ans aux Etats-Unis

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FORTE HAUSSE DES CRÉATIONS D'EMPLOIS EN MARS AUX ÉTATS-UNIS
FORTE HAUSSE DES CRÉATIONS D'EMPLOIS EN MARS AUX ÉTATS-UNIS

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - Le taux de chômage a atteint son plus bas niveau depuis cinq ans et demi aux Etats-Unis où le nombre de créations d'emplois a augmenté en avril au rythme le plus soutenu depuis plus de deux ans, apportant une nouvelle preuve de la reprise de l'économie américaine.

Les Etats-Unis ont créé 288.000 emplois le mois dernier, a annoncé vendredi le département du Travail. Il s'agit de la plus forte progression depuis janvier 2012 et d'un chiffre nettement supérieur aux prévisions des économistes de Wall Street, qui attendaient 210.000 créations d'emplois.

Le taux de chômage a fondu de 0,4 point depuis le mois de mars pour atteindre son plus bas niveau depuis septembre 2008. Ce taux de 6,3% est nettement inférieur aux les prévisions des économistes, qui attendaient 6,6%.

Les futures sur les taux courts ont reculé après l'annonce de ces statistiques, les traders du marché monétaire s'attendant à ce qu'elles incitent la Réserve fédérale à relever ses taux plus vite que prévu.

Certains éléments des statistiques publiées vendredi, comme la baisse du taux de la population active et le fait que le nombre d'Américains en chômage de longue durée reste élevé, pourraient toutefois inciter la Fed à prendre son temps.

Le relèvement de ses taux par la banque centrale américaine devrait intervenir dans un an à peu près, si l'on en croit l'évolution du marché américain des futures après les bons chiffres de vendredi.

Les rendements des bons du Trésor américain ont grimpé en réaction à la statistique, tout comme le dollar face à l'euro et au yen, tandis que Wall Street a ouvert en légère hausse.

L'économie américaine avait souffert d'un ralentissement temporaire au premier trimestre, à cause en grande partie d'un hiver polaire. En outre, les entreprises avaient puisé abondamment dans des stocks pléthoriques constitués durant le second semestre 2013, aboutissant à une reconstitution des stocks médiocre, ce qui avait également grevé la croissance.

LA CROISSANCE REPART

Les chiffres de l'emploi viennent s'ajouter à d'autres indicateurs encourageants comme les dépenses à la consommation et la production industrielle.

Tous ces signaux indiquent que la croissance de 0,1% du produit intérieur brut observée au premier trimestre était une conséquence des conditions climatiques et que la tendance de fond est bien à la reprise.

La Réserve fédérale a d'ailleurs elle-même minimisé la portée de ce mauvais chiffre de la croissance et annoncé mercredi qu'elle allait poursuivre la décélération de sa politique de stimulation monétaire.

Les économistes jugent la médiocre performance du PIB au premier trimestre comme un simple accident de parcours et s'attendent à une croissance supérieure à 3% au deuxième trimestre.

"L'économie repose sur des fondamentaux solides qui soutiennent sa croissance", a déclaré Russell Price, économiste chez Ameriprise Financial à Troy, dans le Michigan. "Des effets négatifs tels que ceux du mauvais temps peuvent être gérés sans problème", a-t-il ajouté.

Tous les secteurs d'activité ont contribué aux bons chiffres d'avril avec par exemple 273.000 créations d'emploi dans le secteur privé, 15.000 dans la fonction publique, 12.000 dans l'industrie et 32.000 dans le bâtiment.

Mark Zandi, économiste chez Moody's Analytics, avait prédit dès mercredi une bonne surprise pour les chiffres de l'emploi et avait dessiné un avenir optimiste, prédisant le retour des Etats-Unis au plein emploi d'ici deux ans et demi à trois ans.

(Patrick Vignal pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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