Le Chili doit y croire

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Le Chili doit y croire
Le Chili doit y croire

Depuis 2010, le Chili enchaîne les premiers tours flamboyants, enchante les commentateurs de tout bord, au point de faire figure d'épouvantail, avant de flancher dès le premier match couperet. Du coup, le pays, oscillant entre doute et foi, ne sait pas trop sur quel pied danser. Pourtant, c'est bien l'occasion ou jamais de rompre avec la malédiction.

Voilà trois jours que l'on sait que la Roja devra affronter l'Uruguay en quarts de finale de la Copa América. Depuis, les analyses péremptoires fleurissent dans les médias chiliens. On y lit notamment que la défense chilienne sera un peu courte sur pattes face aux spécialistes du jeu aérien uruguayens, avec des infographies détaillées sur la différence de centimètres entre les hommes de Sampaoli et ceux de Tabárez. On y apprend aussi qu'il faut toujours se méfier de la garra charrúa. Quelle nouvelle ! La télé, elle, diffuse en boucle des vidéos des dernières Copa América de la Celeste. Avec cette miscellanée indispensable à prendre en compte : les Orientaux sont les spécialistes pour ruiner la fête des locaux. Contre le Paraguay en 1999, le Venezuela en 2007 et enfin l'Argentine en 2011, des équipes qu'ils ont éliminées chez elles. Des statistiques inquiétantes, certes, mais qui ne devraient pas empêcher le Chili d'aborder le match en position de favori. Pourtant, si tout le pays espère la victoire, il semble aussi paradoxalement se préparer à une défaite qui, en vertu, de l'histoire des deux pays, ne lui semblerait pas illogique. Et tant pis si l'Uruguay, privé de Suárez, a réalisé un premier tour très moyen et semble avoir du mal à renouveler sa génération dorée. Tant pis aussi si le Chili a réalisé une phase de poules quasi parfaite, dans un groupe certes facile. Oui, à en croire les Chiliens, l'Uruguay est favori.

À 5 centimètres de la gloire


Il faut dire qu'à Santiago, on vit le foot de manière très intense, mais on le vit aussi avec insécurité en dépit des fanfaronnades. On reste plein de complexes à l'égard de l'Argentine et du Brésil (voire de l'Uruguay). Il est vrai que l'historique de la Roja face aux épouvantails continentaux n'est pas glorieux. Le Chili n'a jamais battu l'Albiceleste en phase finale de compétition internationale et n'a pas vaincu le Brésil en match officiel depuis 2000. Il faut penser aussi que, jusqu'à présent, malgré tout le bien que l'on a dit de ce Chili, il n'a pas eu grand-chose à fêter si ce n'est des qualifications en Coupe du monde (2010, 2014) et des victoires de prestige en phases de poules (face à l'Espagne, notamment). La sélection vit de triomphes moraux : celui d'avoir déployé le plus beau jeu du premier tour du Mondial en 2010, un jeu sans peur et sans reproches, sans calcul et plein d'audace quelles qu'en soient les…


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