Le chèque a encore de beaux jours devant lui

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Christine Lagarde écarte toute suppression à court terme, mais compte sur le développement de moyens de paiement alternatifs.

Régler ses emplettes par chèque est une exception française, qui a encore de beaux jours devant elle. Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, a été très claire mercredi : «Je ne suis pas favorable à la suppression du chèque.»

Il est vrai que ce moyen de paiement reste très utilisé par les Français, de loin les premiers consommateurs de chèques en Europe, et les deuxièmes au monde derrière les Américains, selon un rapport réalisé par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) à la demande de la ministre de l'Économie.

En 2009, la France a ainsi émis 3,3 milliards, soit 81 % des chèques de la zone euro ! Même si ce moyen de paiement, coûteux pour les banques, perd du terrain depuis une quinzaine d'années, les Français font encore 51 chèques en moyenne par an. Au total, 20 % des paiements (hors espèces) sont réglés de cette façon.

Aux yeux des consommateurs, le chèque présente au moins deux avantages : il est gratuit et surtout il est le moyen de paiement qui «permet le mieux de contrôler ses dépenses», souligne le rapport réalisé avec la collaboration du cabinet Edgar, Dunn & Company (EDC).

Quelquefois, les particuliers sont aussi obligés de payer certaines de leurs dépenses par chèque. C'est notamment le cas des frais de scolarité ou de cantine, des services à domicile, des frais de médecin ou encore des activités sportives. Du coup, les principaux consommateurs de chèques ne sont pas les personnes âgées, mais les 35-49 ans, généralement parents d'enfants scolarisés. Une petite majorité de Français (51 %) aime aussi payer les grosses dépenses (supérieures à 500 euros) par chèque. Ils privilégient aussi ce moyen de paiement pour acquitter l'achat et l'entretien d'une voiture (67 % des sommes sont réglées par chèque), leur loyer (50 %) ou la pharmacie et les articles médicaux (50 %).

Les petites entreprises utilisent aussi beaucoup ce mode de paiement pour régler des fournisseurs ou verser des salaires mais il est nettement moins apprécié à l'encaissement.

Même si l'usage du chèque est en constante diminution, son repli reste lent (-4 % par an entre 2002 et 2009). Au final, son utilisation a diminué de 28 % entre 1998 et 2008, au profit d'autres moyens de paiement, tels que la carte bancaire (+202 %), le virement (+39 %) et le prélèvement (+104 %) . Mais, cela ne suffit pas.

Améliorer le virement

Pour Christine Lagarde, «la priorité est que les consommateurs aient accès à des moyens de paiement modernes et simples d'utilisation, offrant un service à la fois efficace, sûr et à moindre coût». Or «l'utilisation extensive du chèque, alors qu'il a beaucoup reculé voire disparu chez nos voisins européens, montre que les moyens de paiement offerts en France ne remplissent pas pleinement ces objectifs». La ministre a donc demandé un rapport sur les façons de diversifier les moyens de paiement. Il devra lui être remis en octobre.

De son côté, le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), structure associant représentants des banques, des assureurs, de leurs personnels et d'associations de consommateurs, a proposé plusieurs pistes susceptibles d'accélérer le remplacement du chèque, notamment l'amélioration du virement et le développement de nouveaux moyens de paiement. Le rapport cite ainsi les exemples de BPAY en Australie et Faster Payments au Royaume-Uni, deux systèmes de paiement électronique ou par téléphone.

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