Le chef du parti socialiste grec, Evangélos Vénizélos, le 7 mai 2012 à Athènes

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Evangélos Vénizélos, le dirigeant du parti socialiste grec Pasok, doit à son tour tenter jeudi de constituer un gouvernement de coalition en Grèce, qui se trouve dans une impasse politique depuis le scrutin de dimanche, semant l'inquiétude en Europe et sur les marchés. Après le naufrage des deux tentatives successives du leader conservateur de la Nouvelle-Démocratie, Antonis Samaras, et du chef de la gauche radicale Syriza, Alexis Tsipras, M. Vénizélos doit se voir remettre jeudi à l'issue d'un rendez-vous fixé à 11H00 GMT par le chef de l'Etat Carolos Papoulias un "mandat exploratoire" pour former un exécutif.Si le chef du Pasok échoue à son tour, M. Papoulias devra alors réunir les chefs des partis dans un ultime effort pour tenter de doter le pays d'un cabinet "d'union nationale", selon la constitution.Avant de se charger de cette tâche délicate, M. Vénizélos devait s'adresser à son groupe parlementaire, réduit à 41 députés sur les 300 du parlement, à la suite du vote de sanction des Grecs contre les partis pro-austérité Nouvelle-Démocratie et Pasok, partenaires dans un gouvernement de coalition depuis novembre.Ancien ministre des Finances, M. Vénizélos a souligné qu'il voulait "former un gouvernement d'espoir, de sécurité et de perspective".Artisan avec le Premier ministre sortant Lucas Papademos de l'accord sur un deuxième prêt par l'UE et le FMI et de l'effacement de près d'un tiers de la dette souveraine, M. Vénizélos a mis en garde contre la sortie du pays de l'euro, si la Grèce ne respectait pas ses engagements vis-à-vis de ses créanciers, Union européenne et Fonds monétaire international.Toutefois, le vote de sanction contre les partis pro-rigueur lors du scrutin de dimanche, a provoqué un infléchissement du discours pro-austérité de MM. Samaras et Vénizélos.Les deux hommes ont indiqué qu'il fallait respecter le verdict des électeurs en négociant un assouplissement des termes de la cure d'austérité.Lors de sa campagne électorale, M. Vénizélos avait déjà plaidé pour un prolongement du délai pour l'ajustement budgétaire du pays, avec une échéance reportée à "2015 au lieu de 2014", comme prévu dans l'accord signé entre la Grèce et ses créanciers.Mais presse et analystes restaient réservés jeudi sur les chances de M. Vénizélos de trouver une solution, ce qui orienterait le pays vers la formule d'une union nationale avant de nouvelles élections."Les chances de former un gouvernement sont supérieures à ce qu'elles étaient mercredi. Mais rien ne peut être conclu avant le week-end", a indiqué à l'AFP l'analyste Georges Sefertzis.Selon le quotidien libéral Kathimérini, "M. Vénizélos va épuiser toute marge de manoeuvre afin de former un gouvernement de coalition ayant une orientation européenne".Plus réservé, Ethos (centre-gauche) titre sur "Le dilemme: gouvernement oecuménique ou élections". Le journal souligne dans son éditorial qu "il y a peu d'espoirs pour la constitution d'un gouvernement de coalition" et que les consultations de M. Vénizélos avec les autres partis "ne vont pas aboutir à un résultat, sauf surprise".Le chef socialiste a proposé une coalition avec "les partis pro-européens" y compris le Syriza afin de former un exécutif "au moins pour quelques mois dans le but d'éviter l'impasse politique et donner le temps aux forces politiques de se repositionner en Europe et en Grèce", note M. Sefertzis.Dans l'attente d'une issue, l'incertitude politique en Grèce a de nouveau agité les marchés, qui ont accusé des pertes depuis lundi mais semblaient toutefois se redresser jeudi, l'Europe ne cessant de mettre en garde contre une sortie du pays de l'euro, s'il devait revenir sur ses engagements de redressement.La décision de la Commission européenne mercredi de verser au pays 4,2 milliards d'euros de prêts au lieu des 5,2 milliards initialement prévus, a été interprétée comme un premier avertissement lancé par ses partenaires à la Grèce, qui dépend de leur perfusion pour éviter la faillite."L'Europe met en garde", titre en une Kathimérini, tandis que Ta Néa (pro-socialiste) voit dans la "coupe d'un milliard d'euro un message dur des créanciers".Jeudi, les principales places financières européennes semblaient toutefois retrouver une certaine sérénité: Paris était stable (+0,04%) après des va-et-vient dans le rouge et le vert, Londres gagnait 0,16%, Francfort 0,67%, Milan 1,15% et Athènes 1,26. En revanche, Tokyo a clôturé en baisse de 0,39% et Hong Kong de 0,65%.

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