Le chef du Labour prépare une campagne résolument de gauche

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    LONDRES, 20 avril (Reuters) - Le chef de l'opposition 
travailliste, Jeremy Corbyn, mènera campagne en vue des 
élections législatives anticipées du 8 juin en Grande-Bretagne 
sur une plate-forme résolument de gauche. 
    Il s'agira de faire entendre la voix du peuple face aux 
élites, ce qu'il appelle ce "confortable cartel" qui domine la 
classe politique au Royaume-Uni. 
    Le Labour, a-t-il déclaré jeudi devant des partisans à 
Londres, veut taxer les plus riches et s'attaquer aux pouvoirs à 
ses yeux excessifs des grandes entreprises. 
    "Notre devoir devant l'Histoire est de faire en sorte que le 
peuple gagne", a-t-il dit. "Nous n'acceptons pas le fait qu'il 
soit naturel que la Grande-Bretagne se trouver gouvernée par une 
élite, par la City et par des évadés fiscaux." 
    La Première ministre, Theresa May, a de manière inattendue, 
demandé la tenue de ce scrutin trois ans plus tôt que prévu pour 
conforter sa majorité parlementaire et disposer d'un mandat 
solide avant d'entamer les délicates négociations du Brexit avec 
l'Union européenne.   
    Tous les sondages à l'heure actuelle donnent le Parti 
conservateur nettement vainqueur du scrutin, avec parfois plus 
de 20 points d'avance sur le Parti travailliste. 
    Jeremy Corbyn, dit-on dans les milieux politiques, espère 
tirer profit du climat de défiance envers les élites politiques, 
qui s'est manifesté en Grande-Bretagne lors de la victoire du 
"oui" au référendum sur le Brexit en juin dernier, puis aux 
Etats-Unis avec l'entrée inattendue à la Maison blanche de 
Donald Trump et est aussi perceptible en France où le premier 
tour de l'élection présidentielle se tient dimanche. 
    Dans son intervention jeudi, Jeremy Corbyn n'a fait qu'une 
brève allusion au Brexit, disant qu'il préférait se concentrer 
sur comment vivre en Grande-Bretagne une fois hors de l'Europe. 
    Dénonçant la "rapacité" de tous les responsables de la crise 
financière de 2007-2009, qu'il accuse de manipuler le système 
pour payer le moins d'impôts possible, il s'est présenté en 
défenseur des Britanniques "qui savent que ce sont eux les vrais 
producteurs de richesses". 
    "Nous ne permettrons plus à ceux d'en haut de vivre aux 
dépens de tous ceux qui s'échinent avec des contrats à zéro 
heure ou sont contraints de faire des sacrifices pour rembourser 
leurs prêts ou payer le loyer", a-t-il dit, adoptant un 
vocabulaire assez proche de celui en France de Jean-Luc 
Mélenchon. 
    "Au lieu d'avoir la richesse du pays cachée dans des paradis 
fiscaux, nous la mettrons dans les mains du peuple", a-t-il 
promis. 
 
 (William James, Gilles Trequesser pour le service français) 
 
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