Le chef du conseil d'Alep implore l'ONU de sauver sa ville

le , mis à jour à 20:16
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Le président du conseil local des quartiers rebelles d'Alep Brita Hagi Hassan à PAris, le 30 novembre 2016 ( AFP / BERTRAND GUAY )
Le président du conseil local des quartiers rebelles d'Alep Brita Hagi Hassan à PAris, le 30 novembre 2016 ( AFP / BERTRAND GUAY )

Si le Conseil de sécurité échoue à imposer un arrêt des combats, il aura signé "l'arrêt de mort" des 250.000 civils pris au piège à Alep-est, affirme à l'AFP le président du conseil local des quartiers rebelles, en visite en France.

Brita Hagi Hassan, qui a été reçu mercredi par le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, réclame l'ouverture d'un "corridor sécurisé" sous contrôle de l'ONU pour permettre aux civils de fuir vers les zones tenues par les rebelles dans les environs d'Alep, affirmant que ceux qui se réfugient dans le secteur tenu par le régime sont arrêtés et pour certains exécutés.

Q: Quel message adressez-vous au Conseil de sécurité qui est réuni à New York?

R: Tout ce que nous demandons au Conseil de sécurité, c'est d'arrêter le massacre. Nous avions lancé par le passé le slogan Alep brûle, aujourd'hui Alep est éradiqué, c'est un génocide.

Si le Conseil de sécurité adopte toute autre résolution que l'arrêt des bombardements et l'aide aux civils, il aura signé l'arrêt de mort de 250.000 personnes à Alep, dont 60% de femmes et d'enfants.

Il n'y a plus de vivres, plus d'eau, plus de médicaments, les dix hôpitaux ont cessé de fonctionner, les blessés sont dans les rues et les ambulances sont prises pour cibles. La ville n'est plus que ruines.

Les civils ne peuvent plus résister davantage. Chaque enfant, chaque femme, chaque homme à Alep attend la mort.

Q: Comment les civils peuvent-ils être évacués?

R: Il faut un passage sécurisé sous contrôle de l'ONU vers la province d'Alep (contrôlée par les rebelles, NDLR).

Aujourd'hui, il s'est produit un véritable massacre: 45 personnes, des femmes et des enfants pour la plupart, qui tentaient de fuir vers les zones tenues par le régime ont été tuées par des barils d'explosifs lâchés par le régime. Hier, 25 personnes ont été tuées.

En outre, le régime règle ses comptes avec les gens qui fuient vers les zones qu'il contrôle. Les hommes de moins de 40 ans sont arrêtés - 2.000 personnes selon nos informations -, le reste des familles sont placés dans des centres de détention.

Nous savons également que neuf personnes qui ont fui vers les quartiers tenus par les milices kurdes à Alep ont été exécutées.

Q: Qui défend les quartiers rebelles d'Alep aujourd'hui?

R: C'est l'Armée syrienne libre, quelque 6.000 à 7.000 combattants. L'Etat islamique n'y existe pas et le Front Fateh al-Cham (ex-Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda dont l'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura avait demandé le départ en échange d'un arrêt des bombardements, NDLR) n'a aucune influence à Alep, leur nombre ne dépasse pas 200 ou 300 combattants.

La plupart d'entre eux sont Syriens alors que les milices qui combattent avec le régime sont toutes étrangères.

Alep est encerclée à 90% par ces milices iraniennes, irakiennes et le Hezbollah libanais, qui sont appuyées par l'aviation russe. Ils ont pu prendre le contrôle d'environ 30% d'Alep-est. Les forces kurdes contribuent aussi à l'encerclement d'Alep-est et ont progressé dans certains quartiers à la faveur des bombardements.

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