Le chef des taliban pakistanais tué par un drone

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LE CHEF DES TALIBAN PAKISTANAIS AURAIT ÉTÉ TUÉ PAR UN DRONE
LE CHEF DES TALIBAN PAKISTANAIS AURAIT ÉTÉ TUÉ PAR UN DRONE

ISLAMABAD (Reuters) - Le chef des taliban pakistanais a été tué vendredi par un drone américain, a-t-on appris de sources proches des services de sécurité et auprès du mouvement islamiste lui-même.

Hakimullah Mehsud, dont on ne connaît pas l'âge exact - sans doute une trentaine d'années -, était l'un des hommes les plus recherchés du Pakistan depuis son arrivée aux commandes de l'organisation, en août 2009. Sa tête était mise à prix cinq millions de dollars aux Etats-Unis.

Sa mort a été annoncée à plusieurs reprises par le passé, avant d'être démentie. Mais elle a cette fois été confirmée par les taliban, selon lesquels ses funérailles auront lieu samedi à 15h00 à Miranshah, capitale du Nord-Waziristan, l'une des zones tribales du nord-ouest du pays.

"Nous confirmons avec une grande peine que notre estimé leader est tombé en martyr dans un raid de drone", a déclaré à Reuters un chef militaire de la milice.

A Islamabad, les autorités centrales, qui condamnent officiellement ces raids, ont diffusé le message d'indignation habituel sans parler du décès de d'Hakimullah Mehsud.

Quatre responsables des services de sécurité pakistanais l'ont en revanche confirmé. Selon eux, son chauffeur et son garde du corps ont également été tués.

Quatre missiles tirés par les drones se sont abattus sur une maison de Danda Darpa Khel, village situé à 5 km de Miranshah, ont-ils précisé, ajoutant que Mehsud assistait avec 25 autres dirigeants taliban à une réunion consacrée à une offre de dialogue d'Islamabad.

"UN PERSONNAGE CONTROVERSÉ"

La veille du raid qui lui a coûté la vie, le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, en déplacement à Londres, avait informé le gouvernement britannique que des discussions avaient été engagées avec les taliban.

Le gouvernement pakistanais n'a jamais précisé avec quelle aile du mouvement il entendait négocier ni s'il comptait se plier aux exigences des djihadistes, qui réclament la libération de leurs camarades détenus et le retrait des forces gouvernementales présentes dans les zones tribales.

Dans un premier temps, la mort de Mehsud va à n'en pas douter être suivie d'appels à la vengeance, mais elle pourrait à plus long terme faciliter le dialogue, estime Saifullah Mahsud, directeur d'un centre de recherches sur les zones tribales ou Fata (Federally Administered Tribal Areas).

"Hakimullah Mehsud était un personnage très controversé et il avait des exigences très fermes", a-t-il déclaré à Reuters, ajoutant que sa mort était loin d'annoncer la fin du mouvement.

"C'est une organisation très décentralisée. Ils ont perdu d'autres dirigeants dans des raids de drones", a-t-il souligné.

Le bras droit de Mehsud avait été en mai dans les mêmes circonstances et son lieutenant le plus proche a été capturé le mois dernier en Afghanistan.

Avec Jibran Ahmad à Peshawar et Hafiz Wazir à Wana; Henri-Pierre André, Tangi Salaün et Jean-Philippe Lefief pour le service français

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