Le chef des observateurs arabes entame sa mission en Syrie

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par Mariam Karouny

BEYROUTH (Reuters) - Le chef de la mission d'observateurs de la Ligue arabe, le général soudanais Ahmed Moustafa al Dabi, est arrivé dimanche en Syrie pour vérifier l'application par Damas d'un plan de sortie de crise après neuf mois de manifestations réprimées dans le sang.

Son arrivée, passée sous silence par les médias officiels syriens, a coïncidé avec de nouvelles violences dans la ville centrale de Homs, qui ont fait trois morts selon l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme.

L'organisation basée en Grande-Bretagne a également déclaré que 124 habitants de Homs avaient été blessés dans le bombardement du quartier de Bab Amro, haut-lieu de la contestation contre le président Bachar al Assad, au pouvoir depuis onze ans.

Avant son départ pour la Syrie, le général Dabi a rencontré au Caire le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elarabi, afin d'établir la "feuille de route" de la mission, dont il a promis qu'elle travaillerait dans la transparence.

Interrogé par l'agence de presse égyptienne Mena, le militaire soudanais a déclaré que les observateurs prévoyaient de rencontrer divers protagonistes de la crise, issus de l'armée comme des rangs de l'opposition.

La Ligue arabe espère envoyer au total environ 150 observateurs en Syrie d'ici la fin de l'année. Nabil Elarabi a estimé qu'il faudrait une semaine seulement pour constater le respect ou non par les autorités syriennes du plan de sortie de crise élaboré par l'organisation panarabe.

"VIVRE EN PAIX"

Après six semaines de tergiversation, le pouvoir syrien a accepté de signer lundi dernier le protocole d'admission des observateurs sur son sol. Le plan de la Ligue prévoit l'arrêt des violences, le retrait des troupes stationnées dans les rues, la libération de prisonniers et un dialogue avec l'opposition.

Les opposants du président Bachar al Assad restent cependant sceptiques sur l'intérêt d'une mission d'observateurs visant à surveiller l'application d'un plan de paix qu'ils sont persuadés que Damas ne respectera pas.

Bourhan Ghalioun, chef du Conseil national syrien (CNS) qui regroupe divers mouvements d'opposition, a estimé que la Ligue arabe devait accentuer la pression sur Damas en demandant au Conseil de sécurité de l'Onu d'adopter son plan de paix.

"Nous voulons que ce régime s'en aille afin que nous puissions vivre en paix. (...) Il n'est pas raisonnable que le sang coule à Homs et Idlib pendant que la communauté internationale ne fait rien pour stopper ce régime fasciste", a déclaré Ghalioun dans un message vidéo adressé aux Syriens.

Face à la répression des manifestations anti-Assad, qui s'élève à plus de 5.000 morts depuis neuf mois selon l'Onu, la Ligue a également suspendu la Syrie de ses instances et imposé des sanctions économiques à Damas.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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