Le chef des droits de l'homme de l'Onu veut "discréditer l'EI"

le
0

GENEVE, 5 mars (Reuters) - Le Haut commissaire aux droits de l'homme de l'Onu a souhaité jeudi le lancement d'une campagne pour "discréditer" le groupe djihadiste Etat islamique (EI) et a appelé les musulmans à défendre leur foi contre les dérives extrémistes. Dénonçant les meurtres, actes de torture, décapitations et autres attaques "génocidaires" contre les minorités religieuses auxquels se livrent l'EI en Syrie, en Irak ou en Libye, le Jordanien Zeïd Ra'ad al Hussein a estimé que la communauté internationale devait combattre le djihadisme sur le terrain des idées autant que militairement. "Toute réponse à la violence extrémiste doit être ciblée, proportionnée et légale", a souligné l'ancien ambassadeur, premier musulman à diriger le Conseil des droits de l'homme de l'Onu, lors de la présentation de son premier rapport annuel à Genève. "Les opérations militaires, les sanctions financières et les initiatives visant à réduire l'afflux d'armes (...) peuvent être une partie de la solution. Mais il faut aussi d'autres actions pour traiter les causes profondes de ces conflits." Zeïd Ra'ad al Hussein a noté que les médias occidentaux se penchent plus facilement sur les enlèvements et les meurtres d'Occidentaux ou de membres des minorités chrétiennes que sur les souffrances quotidiennes infligées par les djihadistes aux populations musulmanes. "En réalité, la plupart des victimes de l'EIIL (ndlr, Etat islamique en Irak et au Levant, l'ancien acronyme de l'EI) sont des musulmans et on en parle beaucoup moins. C'est pourtant sur ce genre de faits que peut se baser une vraie campagne d'idées visant à discréditer l'EIIL", a-t-il dit. Le diplomate jordanien a appelé "l'écrasante majorité de musulmans pacifiques et tolérants" à se mobiliser davantage contre les mauvaises interprétations de l'islam en "exprimant haut et fort la nature fondamentale de leur foi". Il a aussi mis en garde contre le danger d'une réponse purement sécuritaire, disproportionnée et brutale, qui "risque de fournir aux terroristes un outil de propagande et ainsi faire que nos sociétés ne seront jamais libres ni sûres". "La lutte contre la terreur est un combat pour défendre les valeurs de la démocratie et des droits de l'homme, pas pour les affaiblir", a-t-il rappelé. (Stéphanie Nebehay; Tangi Salaün pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant