Le chef de la gauche radicale Syriza, Alexis Tsipras (D), quitte les bureaux du chef du parti socialiste Evangélos Vénizélos (G), à Athènes le 11 mai 2011

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Le compte à rebours a commencé samedi pour une Grèce très divisée sur l'austérité, si elle veut éviter de nouvelles élections qui pourraient conduire à une sortie du pays de la zone euro, voire à sa banqueroute, faute d'avoir su former un gouvernement de coalition.Après avoir échoué vendredi à constituer un gouvernement de coalition, le dirigeant socialiste Evangélos Venizelos a rendu samedi midi au président Carolos Papoulias le "mandat exploratoire" que celui-ci lui avait confié.Les socialistes étaient le dernier des trois partis arrivés en tête des élections législatives de dimanche dernier à tenter, en vain, de former une coalition.M. Vénizélos a jeté l'éponge après le refus d'Alexis Tsipras, leader de la Gauche radicale Syriza, farouche adversaire de la rigueur imposée par les créanciers de la Grèce, de participer à un gouvernement pro-euro avec les socialistes, la Nouvelle-démocratie (droite) et le petit parti de la Gauche démocratique (Dimar).Les résultats du scrutin de dimanche, marqué par une forte percée de Syriza, arrivé en deuxième position, et l'entrée de députés néonazis au parlement, ont inquiété l'Europe. Ils révèlent en effet au grand jour l'ampleur de la contestation du plan d'austérité dicté par les créanciers en échange des prêts de sauvetage appliqués dans le pays depuis deux ans.Les analystes politiques estiment même qu'en cas de nouvelles élections, Syriza pourrait cette fois arriver en tête.En tout cas, M. Tsipras a refusé de rejoindre l'équipe que souhaitait former M. Vénizélos en soulignant qu'il n'allait pas "servir d'alibi" pour appliquer une politique d'austérité fortement contestée dans les urnes.Aucun parti n'ayant obtenu la majorité dimanche, le pays est plongé depuis cinq jours dans une paralysie politique.Et le quotidien financier Naftemboriki soulignait samedi que l'homme qui a dirigé la difficile coalition de ces derniers mois, Lucas Papademos, avait d'ores et déjà informé M. Papoulias qu'il ne resterait pas jusqu'à de nouvelles élections. Dans un dernier effort pour éviter ce nouveau scrutin, le chef de l'Etat doit maintenant convoquer les dirigeants des partis pour une réunion de la dernière chance, au plus tard lundi. Ils auront jusqu'à jeudi pour se mettre d'accord et former un gouvernement de salut public, faute de quoi de nouvelles élections seront convoquées.En jeu, se trouve la possibilité ou non pour la Grèce de continuer les plans de redressement engagés sous l'égide de ses créanciers, Union européenne (UE) et Fonds monétaire international (FMI) et de rester dans la zone euro.La Grèce donne ainsi de nouveau le vertige à ses partenaires européens et aux marchés, qui craignent qu'elle ne cède aux forces hostiles à la rigueur."Nous sommes au bord du retour à la drachme et du désastre", estimait samedi matin le quotidien libéral Kathimerini. "Une grande partie de nos concitoyens ne s'en rendent pas compte, et c'est très dangereux", ajoute-t-il.A Rome, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso avait haussé le ton vendredi en estimant que la Grèce devrait quitter la zone euro si elle ne parvenait pas à respecter les engagements budgétaires pris en échange du plan de sauvetage qui lui a évité la faillite.L'Allemagne est également revenue à la charge samedi. "Si Athènes ne tient pas parole ce sera un choix démocratique. La conséquence sera que la base pour de nouvelles aides disparaîtra", a déclaré le président de la banque centrale allemande Jens Weidmann. Vendredi, c'est le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble qui avait déclaré: "La zone euro peut supporter une sortie de la Grèce".

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