Le chef de l'exécutif de Hong Kong pourrait lâcher du lest

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* Une commission d'investiture "plus démocratique" ? * Aucun progrès réalisé dans les discussions * Les autorités locales vont rendre compte à Pékin * Retour au calme dans les rues (Actualisé, fin de la réunion, pas de progrès) par James Pomfret et Clare Baldwin HONG KONG, 21 octobre (Reuters) - Le chef de l'exécutif de Hong Kong, dont les étudiants réclament depuis plusieurs semaines la démission, a déclaré mardi que la commission chargée de désigner les candidats aux élections de 2017 pourrait être rendue "plus démocratique". "On peut en discuter, on peut rendre plus démocratique la commission d'investiture", a dit aux journalistes Leung Chun-ying, qui s'exprimait quelques heures avant des discussions entre les responsables du territoire, rétrocédé par Londres à la Chine en 1997, et les dirigeants de la contestation. Ces discussions n'ont pas permis de percée, les deux camps restant sur leurs positions. Les autorités locales ont promis de transmettre à Pékin les demandes des étudiants, qui doivent maintenant décider s'ils acceptent ou non une deuxième rencontre. En août, Pékin a proposé aux Hongkongais de choisir dans trois ans leur chef de l'exécutif, mais parmi seulement deux ou trois candidats agréés par une commission d'investiture de 1.200 membres, en toute logique proche du gouvernement central. Les manifestants sont descendus dans la rue pour dénoncer une "parodie de démocratie" et exiger des candidatures libres. Une réforme de la commission d'investiture pourra être discutée quand le gouvernement de Hong Kong ouvrira de nouvelles consultations sur le système électoral, a précisé Leung. Après trois semaines de manifestations parfois violentes qui ont paralysé en partie le territoire, l'atmosphère n'était guère à l'optimisme à l'occasion des discussions organisées pour tenter de résoudre la crise. "MOYENS LÉGAUX" Trois écrans géants et des projecteurs avaient été installés dans le campement des étudiants dans le quartier d'Admiralty, près du siège du gouvernement. Les discussions ont été diffusées en direct par la chaîne de télévision CCTV mais celle-ci n'a montré que la délégation du gouvernement local, pas celle des étudiants. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur place. Elles ont applaudi lors de l'allocution du dirigeant étudiant Alex Chow et marqué leur désapprobation quand s'est exprimée Carrie Lam, directrice de cabinet de Leung qui, lui, n'était pas présent. "Les exigences des étudiants ont été entendues par le gouvernement régional, par la société de Hong Kong et par le gouvernement central", a assuré Carrie Lam, assise avec quatre de ses collègues à une table en U, en face de cinq représentants étudiants portant des t-shirts noirs. "Mais même les idéaux, aussi élevés soient-ils, doivent être atteints par des moyens légaux, rationnels et adaptés", a-t-elle souligné. De leur côté, les étudiants ont demandé au gouvernement un signe d'ouverture en fixant un calendrier "réaliste" et une feuille de route pour l'établissement d'une vraie démocratie. "Le gouvernement de Hong Kong est le mieux placé pour faire en sorte que les gens rentrent chez eux", a dit Alex Chow. Il a accusé les autorités d'avancer des propositions "vides et illusoires". Lundi, s'adressant à des journalistes du New York Times, du Wall Street Journal et du Financial Times, Leung a affirmé que des élections libres étaient inacceptables à Hong Kong, notamment parce qu'elles risquaient de donner trop de poids dans la vie politique aux classes les moins favorisées. "POPULISME" "S'il s'agit uniquement de chiffres et d'une représentation par le nombre, on s'adresse en toute logique à la moitié des habitants de Hong Kong qui gagnent moins de 1.800 dollars par mois", a-t-il dit en estimant que cela risquait de conduire au "populisme". Et le territoire de Hong Kong a vraiment de la "chance", a-t-il poursuivi, que Pékin n'ait pas encore ressenti la nécessité d'intervenir directement. Le calme est revenu dans les rues après les affrontements nocturnes du week-end qui ont fait des dizaines de blessés, dont 22 policiers, dans le quartier de Mong Kok, situé sur le continent entre les Nouveaux Territoires et la péninsule de Kowloon. Le mouvement Occupy Central, qui milite depuis des mois pour des élections libres et démocratiques dans l'ancienne colonie britannique, a pris de l'ampleur cet été, lorsque le Parlement chinois a annoncé que seuls quelques candidats "patriotes" préalablement sélectionnés pourraient briguer les suffrages des électeurs de Hong Kong lors des prochaines élections. La contestation s'est transformée au cours du dernier week-end de septembre en une "révolte des parapluies", en réaction à une violente intervention de la police contre des étudiants. Au plus fort de la contestation, on a compté jusqu'à 100.000 manifestants dans les rues de Hong Kong. Mais le mouvement s'est essoufflé tandis que le soutien dont il disposait parmi la population s'est fragmenté à mesure que les occupations dans l'espace public perturbaient l'activité économique et commerciale. (Avec Clare Jim, Farah Master et Yimou Lee; Guy Kerivel pour le service français)

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