Le chef de l'exécutif de Hong Kong exclut de démissionner

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(actualisé avec appels en faveur de l'arrêt du mouvement, 2 derniers paragraphes) HONG KONG, 12 octobre (Reuters) - Le chef de l'exécutif de Hong Kong, Leung Chun-ying, a réaffirmé dimanche qu'il ne démissionnerait pas et a prévenu les étudiants contestataires qui exigent son départ que leur mouvement échappait à tout contrôle. Leung a ajouté que le blocus de certains quartiers de Hong Kong, qui entre dans sa troisième semaine, ne pourrait pas continuer indéfiniment. Ces dernières semaines, a-t-il dit lors d'une interview accordée à la chaîne TVB, "ont démontré qu'il était facile de lancer un mouvement de masse mais difficile de le stopper". "Nul ne peut diriger l'orientation et le rythme de ce mouvement, qui est à présent un mouvement sans contrôle", a-t-il poursuivi. Leung a ajouté que le gouvernement de la "région administrative spéciale" de Hong Kong continuerait d'essayer de dialoguer avec les chefs de file du mouvement étudiant mais n'a pas exclu de recourir à "une force minimale" pour dégager les barrages. "Nous devons et continuerons de convaincre et de communiquer avec les étudiants, et nous essaierons de ne pas recourir à la force pour faire évacuer le secteur", a-t-il dit à TVB. "S'il faut faire évacuer le secteur, je pense que la police usera de sa formation professionnelle(...) en recourant au minimum à la force. Nous ne voulons pas que nos habitants et nos étudiants soient blessés". En outre, a-t-il averti, il est totalement exclu que les dirigeants chinois reviennent sur leur décision, prise en août, de restreindre les candidatures au poste de chef de l'exécutif, projet qui limite singulièrement la démocratie à Hong Kong. DEUX CENTS TENTES Pékin a déclaré que seuls les candidats acceptés par un comité de désignation seraient habilités à se présenter à l'élection du prochain chef de l'exécutif en 2017. Le Quotidien du peuple, organe du comité central du PC chinois, a parlé dans un éditorial de première page, samedi, de "troubles" à propos du mouvement démocratique "Occupy Central". Le terme de troubles, à en croire certains analystes, reflète le malaise grandissant qui s'est emparé de l'élite dirigeante à Pékin. Deux cents tentes jalonnent désormais Gloucester et Harcourt Roads, les artères habituellement les plus animées du quartier des affaires de Hong Kong. Des centaines de manifestants, jeunes et vieux, ont passé la nuit de samedi à dimanche sur place. Certains ont gratté leurs guitares entre deux discours, d'autres ont joué aux cartes ou lu. Murs et ponts autoroutiers sont ornés de milliers de notes ou de banderoles, certaines qualifiant Leung de parrain de la mafia et d'autres voulant dissuader Taiwan d'accepter une formule "un pays, deux systèmes" en cas d'accord de réunification avec Pékin. D'autres banderoles, plus sobres, réclamaient la "Démocratie". Le mouvement étudiant a paru s'essouffler en début de semaine mais a repris de la vigueur après l'annulation jeudi par les autorités du dialogue prévu entre le pouvoir hongkongais et les protestataires. Vendredi soir, on a dénombré 10.000 personnes dans les rues, venues écouter les leaders du mouvement appeler la population à reprendre la lutte. L'atmosphère de carnaval qui entoure le mouvement en faveur de la démocratisation ne fait pas que des heureux dans l'ex-colonie britannique. Des employés du bâtiment et un syndicat de chauffeurs de taxi ont appelé les étudiants à mettre fin à leur mouvement et au blocus de certains axes, qui gênent leur activité professionnelle. "La démocratie est très importante, mais le niveau de vie des gens l'est tout autant", a déclaré Chan Tak-keung, l'un des chauffeurs de taxi venus protester dimanche contre les étudiants dans le quartier d'Amiralty. (Donny Kwok et James Pomfret; Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français)

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