Le chef de file de la Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras (D), salue Alexis Tsipras, chef de la gauche radicale du Syriza, le 18 juin 2012 au Parlement à Athènes:
La Grèce n'est pas parvenue lundi à se doter d'un gouvernement d'union nationale favorable à des réformes profondes qui permettrait d'écarter le risque d'une sortie de l'euro.Vainqueur des législatives de dimanche le patron conservateur de la Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras s'est toutefois prévalu d'un accord de principe avec le socialiste Evangelos Vénizélos en vue d'un "cabinet de salut national""Nous sommes restés d'accord avec M. Vénizélos pour former un gouvernement de salut national dans le délai prévu", a dit M. Samaras, après une rencontre avec M. Vénizélos dont le parti Pasok est arrivé en troisième position.Mais le dirigeant socialiste n'a nullement évoqué un tel accord, soulignant sa préférence pour un large gouvernement "de responsabilité nationale" formé des quatre principaux partis parlementaires.Il a considéré que les pourparlers pour la formation d'un tel cabinet "devraient s'achever mardi", après une table ronde des dirigeants de ces partis autour du président de la république, Carolos PapouliasLe chef de la gauche radicale anti-austérité Syriza, Alexis Tsipras, arrivé en deuxième position, avait rejeté de pouvoir siéger sous l'égide de la droite pour faire front commun face aux défis urgents qui attendent la Grèce.Urgence"Le gouvernement doit être formé rapidement (...) avec la Nouvelle-Démocratie comme noyau dur car c'est le peuple qui l'a choisi", a dit M. Tsipras en soulignant qu'il jouerait sans concession son rôle de principal opposant.Prônant le maintien du pays dans la zone euro, M. Samaras, 61 ans n'a que jusqu'à mercredi pour former un cabinet d'union, n'ayant pu obtenir la majorité absolue à ces élections qui font suite à celles, non concluantes, du 6 mai."Il y a un impératif catégorique à former un gouvernement" dès lundi avait proclamé le président de la République, Carolos Papoulias qui a confié à Samaras la charge de donner un gouvernement à la Grèce.Si M.Samaras échouait à forger un cabinet d'union, le poker politique se poursuivrait, mené cette fois par Alexis Tspiras, chef du parti de gauche radicale Syriza.Plusieurs hauts responsables internationaux ont fait part de leur soulagement après la victoire de la droite, et dit leur volonté de poursuivre l'appui massif à ce pays de 11 millions d'habitants, devenu "l'homme malade" de l'Europe.Paris, Bruxelles et même Berlin ont déjà donné des signes d'un possible assouplissement, au moins dans les délais, du mémorandum, le plan de rigueur négocié avec les prêteurs internationaux en contrepartie de l'aide financière.Soutien de l'UE"Nous continuerons à soutenir la Grèce en tant que membre de la famille de l'UE et de la zone euro", ont déclaré en commun les présidents de l'UE, Herman Van Rompuy, et de la Commission, José Manuel Barroso, en marge du sommet du G20, à Los Cabos, au Mexique.Inquiets de la situation en Espagne, les marchés financiers n'ont montré qu'une très faible excitation, vite retombée, après le vote des Grecs. La Bourse d'Athènes a conclu une hausse finalement limitée de 3,6 %.La ND l'a emporté avec 29,66% des voix, s'adjugant 129 sièges sur 300 au parlement, suivi par le Syriza, à 26,89 % et 71 sièges, et le Pasok socialiste, 12,28 et 33 sièges, selon les résultats officiels.Pour le politologue John Loulis, "il s'agit d'un vote de peur d'une sortie de l'euro, pas d'un soutien réel aux réformes". "Le gouvernement sera fragile, sans grande base populaire, le pays risque de n'avoir qu'un répit", a-t-il dit à l'AFPUne polarisation très nette a bénéficié à la ND et à Syriza, le parti communiste KKE enregistrant une chute historique mais le parti néonazi l'Aube dorée, Chryssi Avghi a conforté sa position, avec 18 députés.Plongeant le pays dans le brouillard, provoquant une exaspération en Europe et la suspension du versement de 2,6 milliards d'euros d'aide, le précédent scrutin du 6 mai n'avait pas dégagé de majorité ou de coalition de gouvernement. Depuis, la Grèce semble au bord de la faillite, les indicateurs sont au rouge vif: un PIB en chute de 6,5%, le chômage à 22,6%, une hémorragie quotidienne des dépôts bancaires, et des caisses publiques qui pourraient être vides mi-juillet.En deux ans, une aide de 347 milliards d'euros --deux prêts de 110 et 130 milliards courant jusqu'en 2015, et un effacement de dette de 107 milliards--, a été accordée à la Grèce, l'équivalent d'une fois et demie son PIB."Les termes du compromis, à signer d'ici septembre, porteraient sur un délai supplémentaire de deux ans de 2014 à 2016 pour l'assainissement budgétaire", a affirmé à l'AFP un ancien conseiller de l'ex-Premier ministre à la tête d'un gouvernement d'union nationale, Lucas Papademos.
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