Le chef de file de l'opposition ougandaise inculpé de trahison

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    KAMPALA, 14 mai (Reuters) - Le chef de file de l'opposition 
ougandaise, Kizza Besigye, a été inculpé de trahison tard 
vendredi soir pour s'être autoproclamé président et avoir 
contesté la victoire du chef de l'Etat, Yoweri Museveni, lors de 
la présidentielle de février, ont annoncé samedi des 
responsables des deux camps. 
    Le chef d'accusation, passible de la peine de mort, illustre 
l'escalade de la confrontation entre le président ougandais et 
Kizza Besigye, qui a été arrêté à plusieurs reprises et a accusé 
les autorités de l'avoir passé à tabac et d'avoir tenté de 
l'intimider. 
    Après l'annonce de la réélection de Yoweri Museveni, au 
pouvoir depuis 30 ans, l'opposant avait dénoncé "le processus 
électoral le plus frauduleux jamais vu en Ouganda" et appelé la 
communauté internationale à ne pas reconnaître la victoire du 
chef de l'Etat sortant, qui a été réinvesti jeudi. 
    La tension déjà vive est encore montée d'un cran à cette 
occasion à la suite d'une nouvelle arrestation de Kizza Besigye, 
mercredi, et du blocage par les autorités des réseaux sociaux, 
dont Facebook, Twitter et Whatsapp. 
    Le porte-parole du gouvernement, Shaban Bantariza, a déclaré 
que l'opposant avait été inculpé de trahison parce qu'il s'était 
présenté en tant que "président alternatif". 
    "Il a affiché son intention de renverser le gouvernement, ce 
qui n'est pas constitutionnel", a-t-il dit. 
    Kizza Besigye a été transféré mercredi dans la ville de 
Moroto, proche de la frontière kényane, à quelque 500 km de la 
capitale ougandaise Kampala, où il a été formellement inculpé 
vendredi soir et placé en prison, a déclaré à Reuters Semujju 
Nganda, un élu et porte-parole de son parti, le Forum pour le 
changement démocratique (FDC). 
    Un responsable du FDC a indiqué que le parti avait bien 
organisé une cérémonie pendant laquelle son candidat a été 
investi président de la république. 
    Kizza Besigye avait déjà été inculpé de trahison en 2005. La 
justice avait ensuite abandonné les poursuites en invoquant une 
insuffisance de preuves. 
     
 
 (Elias Biryabarema; Tangi Salaün pour le service français) 
 )
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