Le chef d'une milice de RDC jugé par la CPI à La Haye

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LA HAYE, 2 septembre (Reuters) - Bosco Ntaganda, qui dirigeait une milice en République démocratique du Congo, est jugé à partir de mercredi par la Cour pénale internationale (CPI) devant laquelle il doit répondre de 13 chefs de crimes de guerre et de cinq chefs de crimes contre l'humanité commis au début des années 2000. Natif du Rwanda, Bosco Ntaganda est le quatrième accusé traduit devant la juridiction internationale pour son implication dans les violents conflits qui ont ensanglanté des décennies durant la province d'Ituri dont les sous-sols regorgent de minerais. Ce procès aura valeur de test pour la nouvelle équipe de magistrats formée par Fatou Bensouda, procureur général de la CPI, qui a promis de garantir que les dossiers seraient préparés avec la plus grande rigueur après une série d'échecs retentissants. Surnommé "Terminator" lorsque qu'il commandait les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC) et mis en accusation en 2006, Bosco Ntaganda est resté introuvable pendant des années, participant à plusieurs conflits dans des zones situées à proximité de la frontière rwandaise. En 2013, seul et se sentant menacé, Bosco Ntaganda est devenu le premier individu à se présenter volontairement devant la cour après s'être constitué prisonnier à l'ambassade américaine du Rwanda, à Kigali. Dans sa déclaration liminaire, Fatou Bensouda a déclaré que l'accusation pense que Bosco Ntaganda a ordonné à ses hommes d'attaquer, piller, violer, persécuter et tuer des civils appartenant aux ethnies Lendu, Ngiti et à d'autres groupes. Selon elle, des centaines d'enfants ont été recrutés par les FPLC et l'Union des patriotes congolais (UPC) et utilisés pour tuer et être tués au combat. Parmi ces enfants, les filles étaient fréquemment violées, a-t-elle dit. Constituée en 2002 pour instruire et juger les crimes internationaux les plus graves, la CPI n'a jusqu'à présent condamné que des accusés de petite envergure pour les faits commis en Ituri. D'autres dossiers, comme celui du président kényan, Uhuru Kenyatta, se sont effondrés à mesure que les témoins refusaient de coopérer avec la justice. Les accusés les plus connus échappent pour l'heure à la justice internationale, qu'il s'agisse par exemple du président soudanais Omar al Bachir ou de Saïf al Islam, fils de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. (Thomas Escritt; Nicolas Delame pour le service français)

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