Le chef d'orchestre sud-coréen Chung Myung-Whu, lors d'une répétition avec le Philharmonique de Radio France et l'orchestre Unhasu de Corée du Nord, avant le concert à Pleyel, le 13 mars 2012 à Paris

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"Musicalement, ils sont très forts", admettent les musiciens de l'Orchestre Philharmonique de Radio-France, en répétition avec l'Orchestre Unhasu de Corée du Nord, première formation de ce pays à jouer en Europe depuis 1953, sous la direction du Sud-Coréen Myung-Whun Chung.L'objectif: un concert commun mercredi à la Salle Pleyel à Paris.Myung-Whun Chung est clair: "ce projet pour moi c'est le point de départ d'un échange", déclare-t-il aux musiciens. "Un projet unique, ça ne m'intéresse pas beaucoup."Sur la chemise noire du violon solo nord-coréen, un badge à l'effigie du leader de la Corée du Nord, Kim Jong-Un. Les membres de l'ambassade et les officiels nord-coréens venus en accompagnateurs portent aussi ce signe distinctif. Les musiciens de Corée du Nord sont jeunes et attentifs aux paroles du maestro.Rapide leçon, Myung Whun-Chung enseigne aux musiciens comment dire "bonjour", "merci", puis "un, deux et trois" en français et en coréen.Amenés en bus à la salle de répétition, accueillis comme des stars par une nuée de journalistes, les musiciens ont enchaîné d'une traite le 4e mouvement de la première Symphonie de Brahms, au programme du concert de mercredi. Une prestation vite récompensée par un "bravo" du chef, emporté par son enthousiasme, qui s'est levé pour diriger debout la fin du mouvement aux accents solennels.Svetlin Roussev, violon solo du Philharmonique, originaire de Bulgarie, a la chance de parler russe. Il avoue pouvoir communiquer ainsi sans problème avec des musiciens nord-coréens qui ont étudié à Moscou. "Ils sont musicalement très forts, très souples, ils apprennent vite, prennent le meilleur", dit-il.Il s'émerveille que son compagnon de pupitre, Mun Kyong Jin, possède un magnifique Stradivarius de 1716, la période d'or. Les autres musiciens ont généralement de bons instruments, mais de facture moderne."Ils sont assez réservés. C'est une autre culture, une autre discipline, à la dure. Rien ne dépasse", assure Svetlin Roussev. Mais, ajoute-t-il, "je trouve que mon voisin est plutôt sensible". Une grande harmonie musicale semble déjà régner entre les deux violons solos.Séances photos devant La JocondeArrivés samedi de Pyongyang, les musiciens nord-coréens ont déjà eu droit à deux sorties touristiques, dimanche au Château de Versailles, puis lundi au musée du Louvre où ils ont pu, à leur grande joie, se photographier les uns les autres devant le portrait de La Joconde. "Ils ont trouvé la ville très belle, très bien préservée", assure une traductrice nord-coréenne.Mais, selon le chef de la délégation, Hyok Bong Kwon, seul habilité à communiquer au nom des artistes, "leur esprit est très concentré sur le concert qu'ils vont jouer mercredi". Il a remercié le gouvernement français et Radio-France qui ont organisé ce concert conjoint, "un événement historique dans les relations entre les deux pays", et insisté sur "une longue tradition de collaboration culturelle entre la France et la Corée du Nord.Interrogé sur la possibilité d'un concert commun entre musiciens de Corée du Nord et de Corée du Sud, il a répliqué: "c'est une aspiration de notre peuple".Au programme de mercredi, une première partie consacrée à la musique nord-coréenne avec l'orchestre Unhasu et ses 75 musiciens, sous la direction des chefs nord-coréens. Puis, le "Rondo Capriccioso" pour violon et orchestre de Camille Saint-Saëns, avec au violon le Nord-Coréen Mun Kyong Jin.En seconde partie, la Symphonie N.1 de Brahms sera interprétée par les musiciens des deux formations, dirigés par Myung-Whun Chung, avant un dîner commun.

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