Le chavisme à l'épreuve des urnes au Venezuela

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    par Brian Ellsworth et Andrew Cawthorne 
    CARACAS, 6 décembre (Reuters) - Les Vénézuéliens ont voté 
dimanche pour renouveler leur assemblée législative, un scrutin 
qui pourrait sanctionner les socialistes au pouvoir face à la 
crise économique que traverse le pays.  
    Les "chavistes" pourraient ainsi essuyer leur première 
défaite à l'Assemblée nationale depuis l'accession au pouvoir du 
défunt président Hugo Chavez en 1999, selon les sondages.  
    Les dernières enquêtes d'opinion montrent cependant que la 
cote de popularité du président Nicola Maduro, qui a succédé à 
Hugo Chavez après la mort de ce dernier en mars 2013, est 
remontée en fin de campagne électorale, pendant laquelle le chef 
de l'Etat s'est dépensé sans compter.  
    Cela pourrait signaler une victoire de l'opposition plus 
courte que prévue initialement, notent des analystes. 
    Les bureaux de vote fermeront à 18h00 (22h30 GMT) et les 
résultats sont attendus vers 22h00 (02h30 GMT lundi). 
    Remporter la majorité des 167 sièges de l'Assemblée 
nationale permettrait à l'opposition de briser l'aura 
d'invincibilité qui entoure le chavisme, et marquerait un autre 
basculement à droite sur l'échiquier politique latino-américain, 
après la victoire du libéral Mauricio Macri le 22 novembre à la 
présidence argentine. 
    "Notre tour est arrivé", assure Diana Rodriguez, enseignante 
et mère de deux enfants interrogée dans un quartier opulent de 
l'est de Caracas.   
    Habillée de blanc en signe de solidarité avec Leopoldo 
Lopez, un chef de l'opposition emprisonné, elle ajoute: "A 
d'autres époques, on allait voter dans le doute et avec 
pessimisme. Cette fois, tout le monde est clair. Ce pays n'est 
plus chaviste. Chavez est mort et personne ne peut supporter 
celui qui l'a remplacé et a coulé notre beau pays." 
     
    PROGRAMMES SOCIAUX 
    Invoquant au contraire la figure d'Hugo Chavez, Nicola 
Maduro a appelé le "peuple chaviste" à se mobiliser pour la 
victoire.  
    L'un des principaux messages asséné par le gouvernement 
pendant la campagne est que l'opposition démantèlera les 
programmes sociaux de lutte contre les inégalités mis en place 
sous Chavez. 
    Les commentateurs politiques notent que le parti socialiste 
bénéficie de la répartition géographique des sièges qui favorise 
traditionnellement les zones rurales progouvernementales au 
détriment des villes.  
    Si l'opposition remportait les deux tiers des voix, elle 
aurait le pouvoir de limoger les ministres du gouvernement ou de 
renouveler les membres du Conseil national électoral, qu'elle 
accuse de favoriser systématiquement le parti au pouvoir.  
    Avec une majorité simple, l'opposition pourrait adopter une 
loi d'amnistie pour obtenir la libération de Leopoldo Lopez, 
arrêté pendant les manifestations antigouvernementales de 2014.  
    Elle pourrait également ouvrir des enquêtes parlementaires 
sur des organismes d'Etat ou réclamer la publication 
d'indicateurs économiques tenus secrets depuis que l'économie 
nationale traverse de grosses difficultés.  
    Membre de l'Opep, le Venezuela est fortement affecté par la 
chute des cours sur le marché du pétrole, connaît une inflation 
galopante et subit des pénuries chroniques. 
    Ces élections législatives n'auront pas un impact immédiat 
sur le mandat présidentiel de Nicola Maduro, qui expire en 2019. 
Mais l'opposition pourrait tenter d'organiser un référendum sur 
la destitution du chef de l'Etat en 2016, à condition de 
récolter environ 4 millions de signatures.  
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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