Le château de Bokassa vendu pour 915.000 ?

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Situé à une quarantaine de kilomètres de Paris, cet ensemble composé d'un parc d'un hectare, de près de 548 m2 habitables ainsi qu'une maison de gardiens a été acquis par un particulier.

Château à vendre dans les Yvelines à Hardricourt. L'annonce parue le mois dernier sur les sites spécialisés n'est pas passée inaperçue. Car ce domaine, mis aux enchères ce matin devant le tribunal de grande instance de Versailles, a la particularité d'avoir appartenu à feu Jean Bédel Bokassa, l'empereur déchu de Centrafrique, mort en 1996. Un bel ensemble situé à une quarantaine de kilomètres de Paris composé d'un hectare de parc dominant la vallée de la Seine, de 547,78 m² habitables ainsi que d'une maison de gardiens et qui a grandement besoin d'être rafraîchi. Futur acquéreur... prévoir travaux. C'est la raison pour laquelle la mise à prix est fixée à un niveau relativement bas: 735 000 euros. Il a été finalement acquis pour 915.000 euros par un particulier. L'acheteur souhaite faire du château d'Hardricourt «un usage personnel pour lui et sa famille» et il y prévoit des travaux «très importants», a déclaré son avocate, Me Virginie Desport-Auvray, sans dévoiler l'identité de son client.

Cette vente met fin à une procédure interminable. «Et à une affaire complexe», résume M e Pascal Koerfer qui intervient pour l'administrateur judiciaire, Me Geoffroy André, en charge du dossier. Ce dernier a dû partir à la recherche de tous les héritiers de l'ancien empereur. Soit 54 enfants disséminés à travers le monde. Au bout de quatorze ans d'efforts, 37 ont finalement été identifiés. Parmi eux, Georges Bokassa, l'aîné de cette immense fratrie, et qui a donné bien du fil à retordre.

Occupé par l'une des épouses

Contestant cette vente et revendiquant le titre de représentant de la succession, Georges Bokassa, prince à vie et ancien ministre de la Défense de son père, a multiplié les incidents juridiques. Mais voyant que son combat devant la justice était vain, il s'est dernièrement tourné vers les politiques, lançant en décembre dernier un appel au président Nicolas Sarkozy, le «suppliant» d'intervenir pour empêcher ce qu'il estime être une spoliation.

Autre élément qui a également freiné la vente : l'occupation du château par l'une des épouses de Jean Bédel Bokassa et ses deux enfants pendant plusieurs années. Le président du tribunal de Versailles avait refusé leur expulsion. Finalement, femme et enfants sont partis d'eux-mêmes il y a deux ans, débloquant ainsi la procédure.

Qui se portera acquéreur de ce manoir qui abrite encore quelques meubles sans aucune valeur ? Toute la semaine dernière s'est déroulée au rythme de visites régulières. Quatre-vingt-trois au total. «C'est totalement inhabituel. Il y avait des curieux mais aussi des personnes intéressées», indique un proche du dossier. Compte tenu de l'état général de la propriété, les enchères ne devraient guère dépasser 1,2 million d'euros. Une somme qui, une fois les dettes de la succession payées, sera répartie entre les 37 ayants droit.

Après cette vente, il restera encore en France un bien immobilier qui avait appartenu à l'ex-empereur. Il s'agit du château de Mézy-sur-Seine, commune voisine d'Hardricourt. La propriété pourrait prochainement être mise en vente dans des conditions identiques. À un détail près. Le château de Mézy est habité par Georges Bokassa qui, jusqu'à présent, n'a jamais manifesté sa volonté de quitter les lieux. Le futur propriétaire devrait donc se charger de son expulsion. De quoi faire réfléchir plus d'un acquéreur avant d'acheter.

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