Le charbon reprend des couleurs

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Commodesk - Guère en odeur de sainteté sur le Vieux continent du fait de ses rejets de gaz à effet de serre, le charbon retrouve pourtant un second souffle depuis quelques mois. L'utilisation de ce combustible dans la production d'électricité a cessé de diminuer en France, et a même tendance à repartir de l'avant.

Cette semaine, le Réseau français de transport d'électricité (RTE) a publié son « bilan électrique » pour l'année 2012. Il en ressort une modification sensible du mix énergétique français, puisque par rapport à l'année précédente, la part du nucléaire, du fioul et du gaz dans la production d'électricité ont reculé de respectivement 3,8%, 13,2% et 23,7%, au profit du charbon. L'autre grand bénéficiaire est l'hydraulique, avec une progression de 26,8%.

L'utilisation du charbon reste relativement faible, avec 18,1 térawatt heure, soit 3,3% de la production d'électricité, mais elle a tout de même bondi de 35,1% en un an.

Cette tendance reflète avant tout une amélioration de la compétitivité de ce combustible. Très volatils, les cours du charbon ont reculé de près de 10% en un an sur le New York Mercantile Exchange (NYMEX). L'émergence du gaz de schiste aux Etats-Unis limite en effet la consommation locale de charbon, ce qui oriente les prix mondiaux à la baisse.

L'industrie du charbon profite également de la diminution des prix du CO2. Pour limiter l'émission de gaz à effet de serre, l'Union européenne a mis en place une Bourse du carbone, où s'échangent des droits à polluer. Les revenus ainsi dégagés servent aux investissements dans les énergies renouvelables.

La tonne de CO2 s'échange désormais contre à peine cinq euros, alors qu'elle en valait plus de 30 en 2008. Le ralentissement économique mondial engendre une baisse de la demande, donc un surplus de quotas et une chute des prix. Début 2012, celui-ci s'établissait à 955 millions de tonnes, d'après la Commission européenne, et pourrait dépasser 1,5 milliards de tonnes durant l'année 2013.

Avec la baisse des prix du charbon et du CO2, l'intérêt pour les industriels de se tourner vers des énergies alternatives s'est amenuisé.

La Commission européenne a donc décidé de prendre des mesures pour enrayer la chute des cours et atteindre l'objectif de réduction de 20% des émissions de CO2 d'ici à 2020. Elle a suspendu l'allocation de 900 millions de tonnes de quotas de CO2, initialement prévus pour la période 2013-2015.

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