Le chantier du barrage de Sivens provisoirement suspendu

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LE CHANTIER DU BARRAGE DE SIVENS PROVISOIREMENT SUSPENDU
LE CHANTIER DU BARRAGE DE SIVENS PROVISOIREMENT SUSPENDU

PARIS (Reuters) - Le conseil général du Tarn a jugé vendredi impossible de poursuivre le projet de construction contesté du barrage de Sivens (Tarn) après la mort d'un opposant, confirmant son intention de suspendre provisoirement le chantier.

Le collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, qui regroupe de nombreux opposants au projet, a aussitôt indiqué qu'il resterait mobilisé jusqu'à l'obtention d'une suspension jusqu'en 2015 et a mis en garde contre tout passage en force.

"On a pris la décision de dire qu'il était impossible de poursuivre en l'état le projet de barrage de Sivens, on ne peut pas après un drame continuer comme si de rien n'était", a dit sur BFM TV Michel Albarède, vice-président du conseil général du Tarn, en référence à la mort de Rémi Fraisse.

"Je crois qu'on a pris une décision de sagesse (...) puisqu'on ne peut pas faire les travaux, sauf à mobiliser des compagnies entières de CRS", a-t-il ajouté.

Depuis la mort de Rémi Fraisse dans la nuit de samedi à dimanche, victime selon les premières analyses d'une grenade offensive des gendarmes, plusieurs manifestations ont été organisées dans la région mais également à Rennes et à Nantes.

"Il n'y a pas de suspension définitive, le projet existe, se fera il faut simplement prendre un peu de temps, que les gens s'apaisent", a indiqué Michel Albarède.

"RELÂCHER LA PRESSION"

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a annoncé qu'elle réunirait mardi les parties prenantes au dossier et à la soixantaine de projets de retenues d'eau du bassin Adour-Garonne, mais la décision appartient aux collectivités locales.

L'annonce du conseil général, qui appelle les opposants à se mettre autour de la table, n'a pas apaisé les relations avec ces derniers qui redoutent un "nouveau passage en force".

"Nous craignons que nous ne soyons pas plus écoutés qu'avant, que le conseil général cherche à lancer un nouveau projet un projet édulcoré qui serait un nouveau passage en force puisque nous ne voulons pas un barrage", a dit Ben Lefetey, porte-parole du collectif sauvegarde zone humide du Testet.

"Si le conseil général cherche à faire passer ce barrage avec quelques modifications, évidemment on résistera à ce projet et il y aura une résistance assez forte", a-t-il dit.

Le collectif souhaite qu'il n'y ait pas de relance du chantier jusqu'à 2015, ce qui permettrait "de relâcher la pression, de retrouver l'apaisement sur le terrain et aux éléments les plus radicaux de quitter la zone".

Associations et élus écologistes s'opposent à la destruction de 13 hectares de zone humide et dénoncent le coût du futur barrage, 8,4 millions d'euros.

Un rapport d'expertise commandé par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal et publié lundi juge le projet surdimensionné mais estime peu réaliste d'arrêter le chantier.

Les experts contestent notamment la répartition des volumes de la future retenue, prônant moins d'eau pour l'irrigation agricole et davantage pour la régulation de la rivière.

(Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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  • M4098497 le vendredi 31 oct 2014 à 12:01

    c'est pas "SINE DIE" comme pour ECOMOUV