Le chantier des tours géantes de La Défense pourrait démarrer dès cet automne

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Après des années de démêlés judicaires, le promoteur russe Hermitage estime que les travaux de ses tours jumelles devraient se lancer fin 2015 à côté de la capitale. Mais l’opposition à ces constructions de 320 mètres de haut reste tenace.

Voilà plus de 7 ans que les négociations et batailles devant les tribunaux se poursuivent autour du chantier des tours géantes Hermitage Plaza, parmi les plus hautes d’Europe. Alors qu’en mars dernier, la justice a tranché une nouvelle fois en faveur du promoteur russe Emin Iskenderov, ce dernier veut croire que son projet titanesque pourrait démarrer à La Défense, près de Paris, dès cet automne.

Dessinées par l’architecte Sir Norman Foster, ces tours jumelles de 320 mètres ambitionnent d’être, à Courbevoie (Hauts-de-Seine), le premier complexe de France associant résidence de luxe, bureaux, hôtels et commerces. Elles domineront tout le quartier d’affaires de la Défense et leur coût, pharaonique, est estimé à 2,8 milliards d’euros.

Lancé depuis des années, le projet a fait l’objet d’un protocole d’accord signé en 2010 avec l’Epadesa, l’Etablissement public d’aménagement de La Défense, puis le permis de construire a été obtenu en mars 2012. Le financement a été bouclé auprès de la banque russe VTB. Mais depuis, le projet s’est empêtré dans une multitude de recours. Car les tours doivent voir le jour à l’emplacement de trois immeubles résidentiels de l’ensemble Les Damiers, cédés par le bailleur Logis Transports au promoteur Hermitage, et que ce dernier souhaite démolir.

Or le relogement des familles vivant aux Damiers, entamé il y a plus de quatre ans, n’est toujours pas achevé, car certaines refusent de partir. L’association Vivre à la Défense, qui les représente, a lancé nombre de recours et accuse Hermitage de «désinformation», pour avoir affirmé que la justice avait «tranché en (sa) faveur» à plusieurs reprises. Selon elle «les procédures en cours, tant civiles qu’administratives, sont toujours pendantes devant les instances juridictionnelles».

L’homme d’affaires russe Emin Iskenderov, PDG du groupe Hermitage, affirme, lui, que «la majorité des procédures de recours qui auraient pu bloquer le projet vont être réglées d’ici l’été». «Sur une dizaine, une moitié étaient des procédures abusives, où nous avons déjà gagné en 1re et 2e instance», assure-t-il. «Il n’y a plus aujourd’hui de danger, de situation qui empêcherait la réalisation du projet» affirme le promoteur, qui espère lancer le chantier «en septembre ou octobre».

Sur les 250 familles qu’Hermitage devait reloger, «il en reste moins de 20», selon le promoteur. «Nous avons relogé ces personnes (…) avec des loyers souvent plus faibles et des surfaces plus grandes. Nous n’avons reçu que des lettres de remerciements», affirme Emin Iskenderov. Puis il se fait accusateur: «Ceux qui restent ne sont pas là pour être relogés, mais pour toucher le gros lot. Ils veulent le chèque de leur vie».

Des retards coûteux

Faisant valoir son autorisation préfectorale de démolition, et se disant exaspéré par un «dialogue de sourds», M. Iskenderov avertit: «Nous allons être obligés d’expulser». «Nous ne sommes pas là pour payer des jackpots!» Toutes les familles doivent cependant avoir reçu trois propositions de relogement. «Pour nous, en tant qu’aménageur, le projet se poursuit. Il ne s’inscrit pas dans un timing anormal par rapport à la complexité du projet», dit-on à l’Epadesa.

Ces retards ont un coût: après avoir investi 200 millions d’euros (achat du foncier, travaux préparatoires, etc.) de fonds propres, Hermitage a dépensé la moitié des provisions (1,5 % du coût du chantier) constituées pour parer à ces aléas. «Mais finalement le retard pris joue en notre faveur, il nous permet de lancer l’opération dans des conditions financières bien meilleures», grâce à la remontée du dollar face à l’euro, favorable aux investisseurs américains et asiatiques, assure M. Iskenderov. Prévu sur 4 ans, le chantier pourrait s’achever fin 2019.

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