Le chantier des Halles passe à la vitesse supérieure

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Huit cents personnes s'activent chaque jour sur les six hectares en travaux. Le toit de verre de la canopée se fait encore attendre, mais sa charpente métallique est déjà visible.

Le pouls des Halles (Ier) s'accélère. Tous les jours désormais, pas moins de 800 personnes, l'équivalent d'un petit village de province, s'activent à transformer le c½ur de la capitale. Soit six hectares de terrain en travaux depuis un an et demi déjà.

Jeudi dernier, quatre grues, dont la plus haute culmine à 50 mètres, s'agitent dans les airs. Sur la terre ferme, ouvriers et cols blancs se croisent dans les 450 bungalows de chantier marron, jaunes et verts, assortis aux palissades. «Le chantier ne s'arrête jamais», prévient Dominique Hucher, directeur du projet du réaménagement des Halles à la société d'économie mixte SemPariSeine, dont la Ville est l'actionnaire majoritaire. Dans les entrailles du Forum, «les travaux qui font du bruit et de la poussière s'effectuent de nuit car, en sous-sol, cela ne gêne pas les riverains». Idem pour le désamiantage, plus important que prévu. «À certains endroits, il a fallu construire des grandes boîtes étanches où les ouvriers ne pénètrent qu'en scaphandre», détaille l'ingénieur des Ponts et Chaussées.

À l'extérieur, des engins de construction et de démolition font une pause au milieu des gravats. Sans doute quelques restes des anciens pavillons Willerval, qui habillaient de miroirs fumés le Forum. «Personne ne s'est ému de leur disparition», confie Dominique Hucher. À l'inverse, la destruction des jardins du côté de l'église Saint-Eustache avait provoqué une levée de boucliers des riverains. «On a coupé beaucoup d'arbres, mais on va en replanter beaucoup et en meilleure santé», promet le directeur. Pour l'heure, l'endroit ressemble à un champ de bataille. «Lorsque l'ancien jardin a été construit dans les années 1980, son poids était trop lourd pour le plafond du Forum. Du coup, 50 % de sa surface a été constituée de "boîtes vides", dont certaines ont fini en locaux techniques.» Cette fois, le futur jardin et sa prairie fleurie, dont la réouverture est prévue fin 2013, reposera sur des billes d'argile et près d'un mètre de polystyrène. Vers l'église Saint-Eustache, la sculpture de 60 tonnes en forme de tête sera stockée quelques mètres plus loin au mois de décembre, avant de retrouver son emplacement initial au printemps prochain. D'ici là, dans quelques semaines, l'aire de jeux dédiée aux 7-11 ans aura enfin ouvert ses portes, après cinq mois de retard.

Pièce phare du projet

À l'autre bout du chantier, vers la rue Berger, la toiture en verre de la canopée, pièce phare du projet, n'est pas encore visible. Mais sa charpente métallique commence à sortir de terre. Une sorte de Meccano géant composé de milliers de poutres, dont une centaine pèsent 9,5 tonnes. Pour acheminer le matériel, une cinquantaine de camions convergent ici chaque jour. «Toutes les arrivées sont très planifiées, précise Dominique Hucher. Trois semaines à l'avance, nous attribuons à chacun un créneau horaire, histoire d'éviter un embouteillage. Le jour J, les camions doivent transiter par une aire de stationnement située près du Louvre en attendant notre feu vert.» L'organisation millimétrée du plus vaste chantier de la capitale est à l'image d'une «horloge suisse», compare Dominique Hucher. Pour s'en convaincre, les Parisiens pourront s'inscrire dès fin octobre à des visites guidées du chantier, prévues les samedis.

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