Le chantier de rénovation de La Samaritaine devant le Conseil d'Etat

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Le feuilleton judiciaire continue entre le propriétaire Bernard Arnault et les défenseurs du patrimoine qui s’opposent aux travaux. La décision du Conseil d’État devrait être rendue sous 15 jours.

Le Conseil d’État se penche mercredi sur l’épineux dossier de la rénovation de La Samaritaine, célèbre magasin au coeur de Paris, ultime épisode d’un long bras de fer judiciaire entre l’homme le plus riche de France et des défenseurs du patrimoine. Le chantier est bloqué depuis janvier par un arrêt de la cour administrative d’appel de Paris confirmant l’annulation du permis de construire mi-mai 2014 par le tribunal administratif qui avait déjà interrompu une première fois les travaux.

Une victoire pour deux associations de défense du patrimoine à l’origine du contentieux, la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de France (SPPEF) et SOS Paris, qui contestent la conformité des choix architecturaux avec le plan local d’urbanisme (PLU) de la capitale. Le groupe de luxe français LVMH du milliardaire Bernard Arnault, propriétaire de La Samaritaine, a en conséquence saisi le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative, pour trancher définitivement ce litige.

Le rapporteur public devrait demander mercredi aux juges de casser l’arrêt de la cour administrative d’appel et de prononcer un jugement au fond reconnaissant la validité du permis de construire, selon des parties au dossier contactées par l’AFP. Une position déjà adoptée par les rapporteurs publics du tribunal administratif et de la cour administrative d’appel qui n’avaient cependant pas été suivis par les juges.

L’arrêt du Conseil d’État sera mis en délibéré. Il devrait être rendu sous quinze jours à trois semaines. Selon la décision, le chantier pourra reprendre ou le projet sera définitivement enterré dans sa forme actuelle.

La question de l’architecture contemporaine à Paris

Le bras de fer entre Bernard Arnault et les défenseurs du patrimoine pose la question de la place de l’architecture contemporaine à Paris et de la protection du paysage haussmannien à quelques encablures du musée du Louvre où la construction d’une pyramide de verre par l’architecte Ieoh Ming Pei avait déjà suscité la controverse en 1984. La refonte de l’îlot Samaritaine prévoit, après la démolition de trois bâtiments pré-haussmanniens datant de 1852 sur la rue de Rivoli, la construction d’une façade ondulée en verre conçue par l’agence japonaise Sanaa.

Ce projet jurerait avec l’alignement, la couleur et le matériau des façades du quartier, a dénoncé la SPPEF. Le rideau de verre viendrait dégrader un ensemble considéré comme «le prototype architectural» du Paris haussmannien, a abondé la commission du Vieux Paris qui avait émis un avis défavorable au projet. La mairie de la capitale, favorable au chantier, a estimé en revanche qu’il conciliait «le respect du patrimoine porté par des architectes de renommée internationale et un engagement fort pour l’avenir du centre de Paris».

Interrogé sur la nécessité de faire alors évoluer le PLU après la confirmation en appel du rejet du permis de construire, l’adjoint à l’urbanisme de Paris Jean-Louis Missika (apparenté PS) a répondu par la négative. Selon lui, «rien dans le PLU ne justifie ce jugement. Il n’est pas fondé en droit (...) le texte n’est pas si abscons même si on peut, peut-être, clarifier les choses. Il dit oui à l’architecture innovante en tenant compte du contexte». «On ne va quand même pas mourir dans le formol haussmannien!», a-t-il lancé avant d’exprimer sa confiance dans l’issue de la procédure.

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