Le champagne renoue avec la croissance

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Les deux années de crise sont oubliées. Les volumes sont repartis à la hausse, et le prix moyen des bouteilles augmente. Mais la région reste encore loin de ses records de vente de 2007.

Après deux années de crise, la Champagne se remet enfin à pétiller. L'an passé, les ventes ont progressé de 8,5% en volume, selon le bilan provisoire du Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC), qui réunit les négociants, les vignerons et les coopératives. «Nous devrions terminer l'année avec entre 318 et 319 millions de bouteilles vendues, confie-t-on au CIVC. Il ne s'agit plus d'un frémissement. Le rebond a commencé en octobre 2009, et la tendance positive ne cesse de s'améliorer depuis.»

Au mois de décembre dernier, qui compte pour 15% de l'activité annuelle, les ventes ont pourtant été en léger recul. «Nous avons perdu quelques millions de bouteilles, mais c'est essentiellement à cause des conditions météo», estime le CIVC.

La Champagne est certes encore loin de son record de 2007, et même pas encore au niveau de 2006 et 2008. Mais les Champenois ont de quoi être satisfaits. La descente en gamme, qui risquait de ternir l'image du divin nectar, est en effet stoppée. En 2009, certains acteurs s'étaient livrés à une bataille promotionnelle sans précédent. D'autres, le couteau sous la gorge, avaient accepté d'écouler à prix coûtant, voire à perte, une partie de leurs stocks. Dans certains hypermarchés de l'Hexagone, des bouteilles de champagne arborant des marques créées pour l'occasion s'écoulaient ainsi à moins de 10 euros. Ces ventes n'avaient certes concerné que 4% des champagnes vendus en grandes surfaces en 2009, se défend le CIVC. Elles ont en tout cas aujourd'hui quasiment disparu, même si certaines opérations subsistent encore.

«Rebond technique»

Au total, le prix moyen par bouteille, stable au premier trimestre 2010, est reparti à la hausse à partir d'avril. Sur l'année, il a progressé de 2% à 3%, calcule le CIVC. Le chiffre d'affaires hors taxe de la Champagne devrait donc dépasser 4 milliards d'euros, en hausse de plus de 10%, après une baisse de 16,6% en 2009. Cela reste encore loin des records de 2007 et 2008. Autre bonne nouvelle : les marchés hors d'Europe, où la baisse avait été forte pendant la crise, ont rebondi de 31,1% l'an passé. Les ventes en Union européenne ont, elles, progressé de 18,5%. «Il y a eu un rebond technique, car les distributeurs ont reconstitué leurs stocks, estime Fabrice Rosset, PDG de la maison Deutz. Cela prouve qu'il n'y a pas de réel désamour vis-à-vis du champagne, du côté des consommateurs.» En revanche, les ventes n'ont progressé que de 3,9% en France. Ce dernier chiffre reste bon, car le marché français avait sauvé la filière en 2009.

Certaines maisons ont même fait mieux qu'en 2007 ou qu'en 2008. «Roederer a réalisé une année record, confie Frédéric Rouzaud, de la maison. Les ventes ont augmenté de 19%, après une chute de 8% en 2009. Les ventes de Cristal sont reparties très, très fort.» Les cuvées de prestige, vendues à plus de 150 euros pièce et qui ont été les plus touchées par la crise, sont donc, elles aussi, reparties à la hausse.

«Nous avons également réalisé une année record, se réjouit Paul-François Vranken», PDG de Vranken Pommery. Le groupe a vendu plus de 20 millions de bouteilles l'an passé, pour la première fois de son histoire.

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