Le chalet médicalisé au fond du jardin pour éviter la maison de retraite

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La start-up Senior Cottage a installé son premier chalet en France. L'idée de ces pied-à-terre connectés en bois, à installer dans les jardins des proches, est de permettre le maintien à domicile de personnes âgées dépendantes.

Le «chalet des seniors» débarque en France. La start-up Senior Cottage a en effet installé son premier chalet médicalisé sur le sol français, dans une maison de la banlieue d'Orange, dans le Vaucluse. Le «concepteur de logements favorisant le maintien des personnes âgées à domicile», selon les termes du cofondateur Marc Saillon, se présente comme une alternative à la maison de retraite.

Concrètement, la start-up lauréate du prix «Vivre ensemble» du promoteur immobilier Icade, de la Caisse des dépôts (CDC) et Age Village, commercialise des pied-à-terre en bois destinés aux personnes âgées qui ne sont plus en capacité de vivre de manière autonome. Connectés et médicalisés, ces logements équipés comme une chambre de maison de retraite dernier cri sont installés dans les jardins des proches. «La salle de bain est équipée, des serveurs informatiques et des objets connectés permettent d'assister les personnes âgées», affirme Marc Saillon. Le dirigeant qui a travaillé dans le groupe familial de maisons de retraite Almage explique que l'idée lui est venue après l'installation dans son jardin d'une chambre témoin pour une maison de retraite dédiée aux malades atteints d'Alzheimer. «Nous avons conservé cette chambre et ma grand-mère est ensuite allée y vivre», souligne Marc Saillon.

Une alternative qui se veut moins onéreuse

«Le concept offre une solution aux personnes qui veulent rester à domicile le plus longtemps possible sans pour autant être isolées», précise le concepteur. La solitude des personnes âgées a doublé en 3 ans et touche aujourd'hui le quart des Français de plus de 75 ans, soit 1,2 million de personnes, selon la Fondation de France. Or, de nombreuses personnes âgées ne veulent pas, ou n'ont pas les moyens d'aller en maison de retraite. Les chalets sont fabriqués en Lettonie, «un pays qui a l'habitude de travailler le bois pour des conditions climatiques pas toujours clémentes. L'isolation n'est donc pas un problème», précise Marc Saillon. Les matériaux sont ensuite acheminés pour être montés en moins d'une semaine dans un jardin d'au moins 300 mètres carrés. L'installation de ces espaces sans fondation doit faire au préalable l'objet d'une étude de faisabilité ainsi qu'une déclaration de travaux auprès de la mairie. Le raccordement en eau, électricité, ainsi que l'évacuation des eaux est à la charge de la famille.

D'après la dernière édition de l'Observatoire des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les résidents des maisons de retraite paient, en moyenne, 1857 euros par mois dans un établissement non subventionné, et 1752 euros dans un établissement subventionné. Senior Cottage veut se positionner comme une alternative moins coûteuse. La société vend le studio de 20 mètres carrés avec kitchenette, salle de bains, climatisation réversible et sol chauffant pour 47.999 euros. L'acquéreur peut opter pour le paiement à crédit sur dix ans, avec un loyer mensuel de 690 euros par mois et la possibilité de revendre ensuite le chalet à Senior Cottage. Des équipements sont également proposés en option.

Une dizaine de demandes en cours

«Nous avons déjà une dizaine de demandes en cours» souligne Marc Saillon. Le dirigeant a monté la société aux côtés de trois autres fondateurs actionnaires. Ils viennent de boucler un tour de table «avec des business angels qui ont investi environ 500.000 euros», précise le dirigeant. Et la société pense à de nouveaux projets pour l'hébergement des personnes âgées.

Les pays anglo-saxons ont déjà adopté le concept. Née en Australie dans les années 1970, l'idée d'accueillir un proche dans son jardin a également séduit les États-Unis. Les Américains lui ont d'ailleurs donné un surnom: la «capsule de grand-mère» (granny pod) ou «l'appartement de la belle-mère». Marc Saillon parle lui de «Senior Cottage». Reste à savoir si les Français adopteront l'idée et le surnom....

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  • rodde12 le lundi 24 mar 2014 à 09:02

    Le chalet de sénilité après le chalet de nécessité.

  • saxxxo le dimanche 23 mar 2014 à 16:54

    Cabrel aussi y pense, à la cabanne au fond du jardin. A l'aube du grand âge, il doit être ravi de cette nouvelle.

  • c.debarg le dimanche 23 mar 2014 à 11:01

    bonjour , depuis l'age de 10 ans je pense a çà , c'est pour cette raison qu'il y a 30 ans j'ai achete un terrain suffisamment grand pour y mettre un abri de jardin ,