Le chagrin d'amour est un marché en plein essor

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Un «eBay» pour revendre les souvenirs de son ex, un coach pour le reconquérir ou encore des cours pour tourner la page, le commerce surfant sur le thème de la rupture sentimentale est florissant.

Sur Internet, en rayon des librairies ou dans des agences spécialisées, les offres commerciales surfant sur le thème de la rupture sentimentale fleurissent. «Les Français sont, en moyenne, cinq fois en couple dans leur vie», souligne Antoine Peytavin, fondateur et gérant du site «Je récupère mon ex», s'appuyant sur un sondage réalisé cet été. «Ils doivent donc régulièrement gérer une séparation.» Créé en 2009, ce site s'est spécialisé dans la reconquête. Il propose à ses clients de les aider à raviver la flamme de leur ancien compagnon. «La tendance, depuis deux à trois ans, est d'essayer d'arranger les problèmes du couple, alors qu'auparavant, le mot d'ordre après une rupture était d'oublier et de passer à une autre histoire», explique Antoine Peytavin. Cet état d'esprit est, selon lui, étroitement lié au «réflexe du 'recyclage' et de la 'récup' qui se généralise dans la société».

Concrètement, son site commercialise une gamme de livres sur le sauvetage du couple (de 19 à 45 euros) et/ou un service de coaching. Pour 69 euros de l'heure, ou 38 euros la demi-heure, les clients bénéficient de consultations téléphoniques personnalisées. «La demande a explosé depuis six mois», se félicite le gérant du site, qui revendique 2 millions de pages vues et une croissance mensuelle de l'ordre de 5% de son audience depuis sa création. «Les agendas de nos coachs sont pleins plusieurs jours en avance et nous vendons entre 10 et 20 livres par jour.» Intervenant sur le site «Je récupère mon ex», Alexandre Cormont a créé en parallèle sa propre agence éponyme. Il constate aussi un réel engouement pour ses services dédiés à la rupture, qu'il facture 69 euros de l'heure. «Les clients qui suivent notre programme de reconquête dépensent en moyenne entre 200 et 300 euros», explique le gérant.

«eBay» des c½urs brisés

Des c½urs brisés réussissent à traverser l'épreuve de la rupture en la monnayant. Aux États-Unis, Annabel Acton, une jeune entrepreneuse de 28 ans, a créé le site «Never Liked it Anyway» (traduction: je ne l'ai jamais aimé(e) de toute façon), une sorte d' «eBay» qui propose à ses membres de revendre les objets qui leur rappellent leur ancien compagnon. «Après m'être séparée de mon petit ami de longue date cinq jours avant Noël, je me suis retrouvée seule avec des billets d'avion pour Londres, et je ne voulais plus en entendre parler», raconte-t-elle. «Puis je me suis rendue compte qu'il y avait bien d'autres objets dont je voulais me débarrasser.» D'où l'idée de les proposer à la vente sur Internet.

Lancé en janvier 2012, son site compte 6000 membres aujourd'hui. Bagues de fiançailles, robes de mariée ou lingerie, toutes sortes de souvenirs sont proposés à prix cassés. «Aucune commission n'est prélevée sur la transaction, mais les membres doivent payer 2,50 dollars (1,90 euro) pour l'affichage d'une annonce 'basique' et 7,50 dollars (5,75 euros) si elle est mieux mise en avant», explique la créatrice du site. Depuis son ouverture, 1000 objets ont été vendus. «L'entreprise n'est pas encore rentable, mais je garde espoir.» De fait, le concept séduit. À Zagreb, en Croatie, un musée des C½urs brisés expose des objets laissés par des donateurs suite à une séparation. Cette exposition a d'ailleurs démarré un tour de l'Europe et atterrira à Paris, au Centquatre, du 19 décembre au 20 janvier.

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