Le cessez-le-feu menacé à Ersal, au Liban

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BEYROUTH, 6 août (Reuters) - L'armée libanaise et des activistes islamistes se sont encore affrontés mercredi aux abords d'Ersal malgré le cessez-le-feu conclu la veille après quatre jours de combats dans ce secteur de la plaine de la Bekaa proche de la frontière avec la Syrie. Des tirs de mitrailleuses et des détonations ont retenti en périphérie de la ville alors qu'une trêve de 24 heures est censée être en vigueur depuis 19h00 (16h00 GMT) mardi. "Le cessez-le-feu tient toujours mais nous ripostons à toutes les violations", a dit un responsable des services de sécurité. Interrogé par téléphone, le maire d'Ersal, Ali Hujeiri, a fait état de la présence d'hommes en armes aux abords de sa ville. "Il y a eu un cessez-le-feu mais il n'est pas respecté", a-t-il dit, en jugeant qu'il semblait y avoir eu un afflux d'activistes dans le secteur. "L'armée est toujours là, les hommes armés sont toujours là et ceux qui souffrent, ce sont les civils", a-t-il ajouté. Dix-sept militaires sont morts et 22 sont portés disparus depuis samedi dans ces combats contre ce que les autorités libanaises présentent comme des islamistes venus de Syrie. Les premières informations en provenance de l'intérieur même de la ville donnent à penser qu'il s'y trouve des dizaines de morts. Les forces libanaises disent avoir découvert les cadavres de 50 hommes armés lundi au cours de leur progression, rapportent des sources proches des services de sécurité, tandis que d'autres sources dans la ville font état d'un nombre élevé de victimes parmi la population civile. La stabilité du Liban est menacée par les répercussions sur son territoire du conflit en Syrie voisine, qui fragilise ses propres équilibres religieux. Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré mardi que la France était prête à "répondre rapidement aux besoins du Liban" après un appel lancé par le chef de l'armée libanaise, le général Jean Kahwagi, en faveur de livraisons d'armes françaises. Ces acquisitions de matériel militaire pourraient être financées par l'Arabie saoudite. Cette dernière a débloqué une aide d'un milliard de dollars en faveur de l'armée libanaise, rapporte l'agence de presse saoudienne SPA. L'initiative a été annoncée par l'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri, proche de la famille royale saoudienne, après avoir rendu visite mardi soir au roi Abdallah d'Arabie saoudite dans sa résidence de Djeddah, précise SPA. Cette aide va permettre aux forces armées libanaises de "préserver la sécurité et la stabilité du Liban, pays frère de l'Arabie saoudite", a dit Saad Hariri, cité par SPA. (Oliver Holmes et Tom Perry, avec Amena Bakr à Doha; Bertrand Boucey pour le service français)

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