Le Centre Pompidou change d'air tout en restant ouvert

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Le Centre Pompidou change d'air tout en restant ouvert
Le Centre Pompidou change d'air tout en restant ouvert

(AFP) - Les emblématiques boîtes bleues et les "tulipes blanches" qui coiffent le Centre Pompidou vont être rénovées : sans pour autant fermer ses portes, l'établissement public lance un vaste chantier de réfection de son système de traitement de l'air, "à bout de souffle".

Le coût de l'opération, qui va s'étaler sur trois ans, se monte à 30 millions d'euros, a indiqué, dans un entretien à l'AFP, le président du Centre Pompidou, Alain Seban. Elle sera "entièrement financée par le ministère de la Culture".

L'originalité de l'architecture du Centre Pompidou, conçu en 1972 par les architectes Renzo Piano et Richard Rogers, réside notamment dans ses structures portantes et ses réseaux techniques apparents. Les gaines techniques sont dotées d'un code couleur précis : bleu pour l'air, vert pour l'eau, jaune pour l'électricité, rouge pour la circulation des visiteurs.

"L'aspect des boîtes bleues et des tulipes blanches sera préservé mais la technologie sera modifiée", explique M. Seban.

Le groupement Dalkia a été retenu pour remplacer les treize centrales de traitement d'air de couleur bleue situées sur le toit du bâtiment. Dalkia interviendra également sur les "tulipes blanches" dans lesquelles circule l'air.

Le Centre Pompidou a opté pour un système de pompes à chaleur, qui sera nettement plus économe en énergie que le précédent, conçu avant les chocs pétroliers. Il respectera l'esprit et l'esthétique du bâtiment.

Inauguré il y a 35 ans, le Centre Pompidou est "un bâtiment usé, avec des équipements dont la vétusté est très avancée. Il y a urgence. Si on ne changeait pas la climatisation, on pourrait être confronté un jour à une défaillance du système qui pourrait nous obliger à fermer le Centre", assure M. Seban.

"Ne pas casser la dynamique"

Les centrales de traitement d'air régulent en permanence la température, l'hygrométrie de l'air et la stabilité thermique dans l'ensemble des espaces, un impératif pour une bonne conservation des oeuvres d'art et le confort des visiteurs et du personnel.

L'essentiel du chantier, qui va démarrer cet été, se déroulera sur le toit. L'emprise au sol sera réduite.

Le Centre Pompidou restera entièrement ouvert pendant les travaux. M. Seban ne voulait surtout avoir à le fermer comme cela a été fait entre fin 1997 et début 2000 pour réaménager les surfaces et les volumes.

"Je ne veux pas casser la dynamique" de l'établissement, qui a battu son record de fréquentation en 2011 avec 3,6 millions de visiteurs pour le musée d'Art moderne et les expositions temporaires, relève-t-il.

Les principales opérations génératrices de nuisances (déconstruction, désamiantage des équipements) se dérouleront dans des ateliers spécialisés situés hors site, assure le Centre.

Pour les visiteurs, le principal inconfort devrait être le bruit et les vibrations.

Le Centre Pompidou a engagé parallèlement un plan de modernisation de son système d'alarme et de sécurité, d'un montant de 10 millions d'euros, indique M. Seban. Il est autofinancé notamment par la vente de biens immobiliers que le Centre possédait dans le quartier.

Ensuite Alain Seban voudrait rénover les fameux escalators et les ascenseurs, qui sont d'origine.

La rénovation de l'ensemble des structures du Centre Pompidou fait l'objet d'un plan global d'investissement sur dix ans qui se monte à 100 millions d'euros et est actuellement à l'étude avec le ministère de la Culture, précise M. Seban. Les 30 millions de la climatisation et les 10 millions du système de sécurité sont compris dans ce montant.

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