Le centre de Donetsk visé par un bombardement nocturne

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DONETSK, Ukraine, 19 juillet (Reuters) - L'armée ukrainienne et les séparatistes prorusses de l'Est se sont mutuellement accusés ce week-end d'avoir bombardé des zones habitées, causant la mort de quatre civils et d'une militaire, au terme de la semaine la plus meurtrière depuis plus d'un mois. Un homme a été tué par des tirs des forces gouvernementales dans le centre de Donetsk, la métropole de l'Est tenue par les séparatistes, rapportent ces derniers. Il s'agissait de la première attaque sur le centre de la ville de l'est de l'Ukraine depuis l'accord de cessez-le-feu de Minsk de la mi-février. "La vaste majorité des bombardements et des agressions armées des rebelles ont lieu la nuit pour éviter d'attirer l'attention des observateurs internationaux", a quant à lui affirmé Andrii Lissenko, porte-parole de l'armée. Les séparatistes se sont focalisés sur des zones résidentielles situées au nord-est de Donetsk, a-t-il poursuivi, ajoutant qu'une militaire, sa grand-mère et un homme de 49 ans avaient été tués. Des tirs d'artillerie retentissaient samedi soir dans le centre-ville, selon un journaliste de Reuters sur place. Lors d'une intervention télévisée dimanche, le général de l'armée ukrainienne Andriy Taran a déclaré que les observateurs militaires de Kiev avaient vu des batteries de missiles rebelles "se tourner en direction de Donetsk, bombarder des quartiers de Donetsk puis retourner et commencer à tirer en direction des positions ukrainiennes". Le porte-parole de l'armée Serhiy Galouchko a assuré que les forces gouvernementales avaient intercepté des échanges radio entre séparatistes suggérant que les rebelles se préparaient à bombarder la ville. Eduard Basourine, un haut commandant des forces séparatistes, a nié toute responsabilité des rebelles dans ces bombardements. "La partie ukrainienne dit que nous nous sommes bombardés. Pouvez-vous croire que nous nous bombardions nous-mêmes ?" a-t-il dit. Du côté des milices prorusses, on accuse l'armée d'avoir intensifié ses opérations, malgré le cessez-le-feu. Selon l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), chargée de veiller au respect de la trêve, des armes lourdes des deux camps se trouvent toujours sur la ligne de front, bien que l'accord de Minsk exige leur retrait. Le conflit dans l'est de l'Ukraine, qui a débuté en avril 2014, a fait plus de 6.500 morts. (Maria Tsvetkova, avec Natalia Zinets à Kiev; Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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