Le centre culturel orthodoxe à Paris mise sur la sobriété

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UN NOUVEAU PROJET PLUS SOBRE POUR LE LE CENTRE CULTUREL ORTHODOXE À PARIS
UN NOUVEAU PROJET PLUS SOBRE POUR LE LE CENTRE CULTUREL ORTHODOXE À PARIS

par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - Coupoles matifiées, pierre blanche de Bourgogne, volumes simples: le futur centre spirituel et culturel orthodoxe russe qui devrait voir le jour à Paris d'ici deux ans mise sur la sobriété et la discrétion pour mettre fin à une polémique.

Loin du projet de l'architecte espagnol Manuel Nunez Yanowsky, trop clinquant selon ses détracteurs, celui du Français Jean-Michel Wilmotte se veut en harmonie avec un quartier emblématique de Paris, proche de la Tour Eiffel.

Le site choisi pour accueillir le projet soutenu par le président russe Vladimir Poutine est classé au patrimoine mondial de l'Unesco et abrite actuellement l'ancien bâtiment de Météo France, Quai Branly, en bord de Seine.

D'une superficie de près de 5.000 m2, le futur centre accueillera une église orthodoxe, un centre culturel, un centre cultuel et une école franco-russe. Le groupe Bouygues a été choisi pour réaliser les travaux dont la durée est estimée à deux ans et qui devraient commencer au premier trimestre 2014.

"La clef de l'intégration, c'est la pierre parisienne, celle utilisée pour construire la cathédrale de Paris, nous avons voulu intégrer l'édifice le plus possible dans le paysage parisien", a souligné Jean-Michel Wilmotte lors de la présentation du projet à la presse, vendredi.

"Il y a aussi un dialogue avec les autres bâtiments et avec les axes symétriques, on est également relativement bas par rapport à l'ambassade de Bulgarie, c'est une vraie intégration".

Illustrant la discrétion recherchée par ses concepteurs, les cinq bulbes du dôme sont en doré mat afin de ne pas être repérés de loin ou de faire de l'ombre aux dorures des Invalides ou des statues du Pont Alexandre III.

Les hauteurs des bâtiments ont été revues à la baisse pour s'harmoniser avec les édifices environnants.

BRAS DE FER

Le coup d'envoi du projet, dont le coût est estimé à 100 millions d'euros et est financé en totalité par la Russie, pourrait tourner la page de la polémique suscitée par le projet architectural de Manuel Nunez Yanowsky, retenu en 2011.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, émet à l'époque des réserves sur son esthétique, estimant qu'il n'est "pas en harmonie avec le site" et le projet est rejeté en 2012.

En décembre, le nouveau projet reçoit l'aval des autorités françaises qui accordent le permis de construire.

"Il n'y a plus aucun obstacle", a estimé l'ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov, à la presse. "C'est un projet symbolique de l'amitié franco-russe très ancienne, dans l'esprit, c'est la continuité du pont Alexandre III symbole de l'alliance franco russe".

La France compte une vingtaine d'églises orthodoxes russes, dépendantes du Patriarcat de Moscou ou du Patriarcat de Constantinople. Des milliers de Russes vivraient à Paris et en région parisienne, selon l'ambassade de Russie.

"Il suffit de visiter les églises orthodoxes à Paris lors des cérémonies importantes pour voir que les gens sont serrés et ont besoin d'avoir une nouvelle église plus grande, plus spacieuse", a dit l'ambassadeur.

Edité par Yves Clarisse

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