Le CCE d'EDF demande une série d'expertises sur Fessenheim

le , mis à jour à 19:04
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    * Le CCE dénonce une décision sans "aucun fondement 
technique" 
    * Des analyses techniques, économiques et sociales demandées 
    * Le gouvernement veut une fermeture enclenchée avant fin 
2016 
 
 (Actualisé avec communiqués du CCE et de la CGT) 
    par Benjamin Mallet 
    PARIS, 14 septembre (Reuters) - Le comité central 
d'entreprise (CCE) d'EDF  EDF.PA  a décidé mercredi de faire 
réaliser trois expertises externes sur le projet de fermeture de 
la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), que les 
représentants du personnel jugent sans fondement et dictée par 
des motifs politiques. 
    Jean-Luc Magnaval, le secrétaire du CCE, a précisé que des 
cabinets seraient mandatés pour analyser les impacts techniques, 
économiques, psychosociaux et juridiques de la fermeture de 
Fessenheim. 
    L'instance veut aussi que le comité d'hygiène, de sécurité 
et des conditions de travail (CHSCT) de Fessenheim soit saisi 
mais la direction d'EDF lui a opposé une fin de non-recevoir, 
a-t-il également dit à des journalistes lors d'un rassemblement 
organisé devant le siège du CCE, à Levallois-Perret 
(Hauts-de-Seine). 
    "Les élus du personnel réaffirment leur incompréhension 
d'une annonce de fermeture anticipée d'une usine en France qui 
ne reposerait sur aucun fondement technique et qui aurait des 
conséquences économiques, sociales et environnementales 
désastreuses", a indiqué le CCE dans un communiqué. 
    La CGT, qui appelle par ailleurs "tous les salariés de 
l'énergie" à faire grève jeudi pour protester contre la loi 
travail, a pour sa part jugé que la fermeture de Fessenheim 
serait une "aberration environnementale, économique et sociale", 
relèverait de "décisions politiciennes".    
    La direction d'EDF n'a pas souhaité faire de commentaire à 
l'issue de la réunion du CCE, qui devrait rendre son avis à la 
fin du mois d'octobre. 
    La demande d'expertises va de fait retarder l'avis de 
l'instance représentative du personnel sur le projet de 
fermeture de Fessenheim, que les syndicats contestent vivement. 
    Le gouvernement souhaite quant à lui que le conseil 
d'administration d'EDF se prononce sur ce dossier avant la fin 
de l'année. Selon Jean-Luc Magnaval, le conseil est convoqué à 
ce sujet pour la première semaine de novembre. 
    Une source interne à EDF, au fait du dossier, a de son côté 
estimé que le gouvernement craignait de voir Fessenheim devenir 
un thème de la campagne présidentielle de 2017. 
     
    UN RETOUR DE FESSENHEIM DANS LA CAMPAGNE ÉLECTORALE ? 
    La fermeture de la plus vieille centrale nucléaire 
française, mise en service en 1977, faisait partie des promesses 
de campagne de François Hollande dans le cadre de l'élection 
présidentielle de 2012.  
    Mais le chef de l'Etat a reconnu à l'automne 2015 qu'elle ne 
pourrait avoir lieu avant la fin de son quinquennat en raison du 
retard de l'EPR de Flamanville (Manche), dont la date de mise en 
service - aujourd'hui prévue pour fin 2018 - déterminera l'arrêt 
de la centrale alsacienne. 
    EDF et l'État sont parvenus à un accord sur une 
indemnisation de 400 millions d'euros pour la fermeture de 
Fessenheim, une part fixe à laquelle pourra s'ajouter une part 
variable, a-t-on appris en août de source proche du dossier. 
    
    La centrale de Fessenheim emploie 850 salariés d'EDF et 
environ 250 salariés permanents d'entreprises prestataires. 
    La réunion du CCE d'EDF s'est accompagnée mercredi d'un 
mouvement de grève à l'appel des quatre syndicats représentatifs 
de l'électricien public - CGT, CFE-CGC, CFDT et FO -, pour 
lesquels la fermeture de Fessenheim relève d'une logique 
purement politique. 
    EDF comptait 8,6% de grévistes au niveau national mercredi 
en fin de journée. 
 
 (Edité par Dominique Rodriguez) 
 

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