Le carnaval de Nice sous très haute surveillance policière

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NICE SE PRÉPARE À ACCUEILLIR LES CARNAVALIERS
NICE SE PRÉPARE À ACCUEILLIR LES CARNAVALIERS

par Matthias Galante

NICE (Reuters) - Le carnaval de Nice, le premier grand événement touristique en France depuis les attentats du 13 novembre, débute ce samedi sous la protection d'un important dispositif de sécurité.

Les organisateurs de la manifestation, qui draine plusieurs centaines de milliers de visiteurs, se sont posé la question d'une annulation mais ont décidé de la maintenir, avec toutefois des aménagements réclamés par les services de sécurité qui pourraient présager ceux en vigueur pour l'Euro 2016.

"On était prêts à tout annuler mais une réunion en décembre avec le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a été décisive. L’Etat nous a assuré que tous les moyens seraient mis en œuvre au niveau de la sécurité", explique Rudy Salle, adjoint au maire de Nice délégué au Tourisme.

Pour François-Xavier Lauch, directeur de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes, il faut "montrer que la vie continue."

"C’est une manifestation à enjeu, connue et qui est également importante d’un point de vue économique."

Par précaution, la cérémonie d’ouverture ainsi qu'une course à pied et une séance de zumba en plein air ont été annulées.

"Cela permet de ne pas éparpiller les forces de sécurité", indique Rudy Salle, rappelant les matches de football au stade Allianz Riviera de Nice.

La prudence est également de mise dans les écoles et les structures d’accueil et de loisirs : aucun élève ne pourra participer cette année aux traditionnels carnavals de quartier.

Sécuriser cette manifestation, qui dure jusqu’au 28 février, est un véritable casse-tête.

Il faut gérer un flot de personnes qui se disperse dans toute la ville alors même que le pays est en état d’urgence.

"Il y a beaucoup de monde, c’est compliqué. La menace en France est générale. Il n’y en a pas de directe pour le carnaval mais nous sommes très attentifs", a dit François-Xavier Lauch.

LA LÉGION ETRANGÈRE DANS LES RUES

Une dernière réunion le 5 février, au ministère de l’Intérieur à Paris, a permis de finaliser le dispositif de sécurité, qui est comparable à celui de l'édition 2015, organisée elle aussi dans un contexte tendu après les attentats contre Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris.

Trois militaires du dispositif Sentinelle avaient été blessés dans une attaque au couteau à Nice.

Le nombre de représentants des forces de l’ordre réparties sur le terrain est tenu secret mais il est équivalent à celui du Festival de Cannes, autre manifestation sensible, indique-t-on.

Policiers et militaires sont renforcés par des agents de sécurité privés chargés notamment des points de filtration qui donnent accès aux tribunes et promenoirs de la place Masséna pour le carnaval et à la promenade des Anglais pour la bataille des fleurs.

Des physionomistes seront également dans le public afin de détecter d’éventuels comportements suspects.

Des patrouilles de militaires, en l’occurrence des légionnaires, sillonneront en permanence la ville dans le cadre du dispositif Sentinelle en place depuis un an.

"Nous ne sommes pas sur le carnaval en lui-même mais tout autour. Nous soulageons les forces de sécurité en ville. Nous pouvons aussi intervenir en renfort en cas de besoin", indique le colonel Bedu, délégué militaire départemental.

Avant chaque défilé, des chiens des services de déminage, capables de détecter les explosifs, inspecteront les chars et les tribunes métalliques.

Les consignes concernent également les participants et leurs costumes, la préfecture des Alpes-Maritimes ayant prohibé tous "les déguisements volumineux ou accompagnés d’armes factices".

(édité par Yann Le Guernigou)

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