Le cardinal Philippe Barbarin entendu 10 heures par la police

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AUDITION DU CARDINAL BARBARIN PAR LA POLICE PENDANT PLUS DE DIX HEURES
AUDITION DU CARDINAL BARBARIN PAR LA POLICE PENDANT PLUS DE DIX HEURES

LYON (Reuters) - Le cardinal Philippe Barbarin a été entendu mercredi pendant plus de dix heures par la police dans le cadre de l’enquête pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs et mise en danger d’autrui à la suite de la mise en examen en janvier d'un prêtre du diocèse de Lyon.

L'un de ses avocats, Jean-Félix Luciani, a expliqué la longueur de l’audition par le fait que son client "souhaitait s’expliquer depuis de nombreux mois".

"Il est traîné dans la boue depuis de nombreux mois et à un moment donné on a envie de répondre. Il a répondu avec toute la sincérité possible", a-t-il dit à la presse. "Un évêque est un homme d’Eglise qui n’a pas une vocation policière mais plutôt celle de tenter d’aider ceux qui viennent à lui".

"Il n'y a pas de garde à vue" a précisé de son côté le parquet, qui n'exclut pas d'organiser prochainement un débat contradictoire entre les différentes parties.

Le parquet devrait assez rapidement choisir entre le classement de l'affaire ou la saisie d'un juge d'instruction dans la perspective d'une mise en examen. Cette décision devrait intervenir avant la fin du mois de juin.

Me Jean-Félix Luciani s'est montré optimiste pour la suite la procédure, les questions de la police concernant "les responsabilités prêtées au cardinal pour deux infractions: la non-dénonciation d’un délit ou d’un crime d’une part et d’autre part l’omission de prêter assistance à une personne en péril".

"Je pense qu’il n’y aura pas de suite", a-t-il estimé.

Le cardinal Barbarin a notamment été interrogé sur sa connaissance des agissements du père Bernard Preynat, en poste dans le diocèse de Lyon depuis plusieurs décennies. Ce prêtre a été mis en examen en janvier dernier pour des faits d’attouchement sexuels sur de jeunes scouts remontant à 1991.

Le cardinal Philippe Barbarin est visé par plusieurs plaintes de victimes qui lui reprochent de ne pas avoir dénoncé les faits à la justice et d’avoir laissé les responsables présumés en poste.

Il a reconnu "des erreurs dans la gestion et la nomination de certains prêtres", lors d'une réunion du diocèse de Lyon mais s'est défendu d'avoir couvert toute agression sexuelle.

(Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse)

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