Le capitaine du Costa Concordia veut une procédure négociée

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LE CAPITAINE DU COSTA CONCORDIA SOUHAITE UNE PROCÉDURE NÉGOCIÉE
LE CAPITAINE DU COSTA CONCORDIA SOUHAITE UNE PROCÉDURE NÉGOCIÉE

par Gabriele Pileri et Silvia Ognibene

GROSSETO, Italie (Reuters) - Le capitaine du Costa Concordia, navire de croisière dont le naufrage tout près des côtes italiennes a fait 32 morts en janvier 2012, entend plaider coupable dans le cadre d'une procédure négociée en échange d'une peine de prison réduite.

À la reprise de son procès mercredi, Francesco Schettino, poursuivi pour homicides involontaires et abandon de poste, entend proposer au tribunal une condamnation à trois ans et cinq mois d'emprisonnement afin de mettre un terme à une procédure judiciaire complexe.

Une précédente offre de trois ans et quatre mois de prison avait été rejetée au mois de mai par le tribunal de Grossetto en Toscane qui devrait rendre son jugement samedi.

Le procès s'est ouvert le 9 juillet mais a été ajourné pendant huit jours en raison d'une grève des avocats en Italie pour protester contre une réforme de la procédure judiciaire visant à réduire l'engorgement des tribunaux.

Navigant trop près du rivage, le navire de croisière avait heurté un haut fond aux abords de l'île du Giglio, au large de la Toscane le 13 janvier 2012.

Fransceco Schettino, qui avait quitté le bord avant la fin de l'évacuation des passagers, a reconnu des erreurs mais dit avoir limité les conséquences de l'accident en amenant le bateau dans des eaux peu profondes après l'impact pour faciliter le sauvetage.

"Il n'a jamais fui ses responsabilités. Il est simplement juste qu'il soit traité de manière équitable", a dit son avocat, Francesco Pepe. "Il était le capitaine, c'est vrai que pour certaines choses il aurait dû être un exemple, mais il n'est pas normal de lui reprocher des responsabilités qu'il n'avait pas".

ÉLARGIR LES RESPONSABILITÉS

Selon son avocat, Francesco Schettino, 52 ans, est passible de vingt ans de prison.

La compagnie Costa Croisières a été condamnée en avril à une amende d'un million d'euros au terme d'une procédure négociée laissant le capitaine seul dans le box des accusés.

Les témoignages prévus mercredi devraient se concentrer sur les requêtes présentées par des particuliers et des institutions, dont Costa Crociere Spa et le ministère italien de l'Environnement, qui se présentent comme plaignants avant la déposition des principaux témoins.

Une jeune femme, originaire de Moldavie, Domnica Cemortan, ancienne amie du capitaine Schettino qui se trouvait sur le navire au moment du naufrage, a été citée à comparaître par l'accusation. "J'espère que la vérité sortira et que les coupables seront tenus responsables de cet accident", a-t-elle dit. "Je suis une passagère comme les autres".

Un avocat représentant les victimes a souhaité la semaine passée que les investigations apportent la preuve que le procès devrait être étendu à toutes les personnes portant une responsabilité dans cette tragédie.

La compagnie chargée de renflouer le navire a par ailleurs annoncé mardi son intention de le redresser en septembre, malgré les risques de rupture de la coque.

"Il y aura beaucoup de déformations. C'est un peu comme un corps avec une colonne vertébrale endommagée. Il faut tenir le cou quand on le bascule", a expliqué Nicholas Sloane, un des responsables de l'opération.

Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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