Le canton de Zoug se rêve en paradis de la monnaie virtuelle

le
0
    * Zoug se met à l'heure du bitcoin 
    * Le petit canton se réinvente en "Crypto Valley" 
 
    par Brenna Hughes Neghaiwi 
    ZOUG, Suisse, 8 septembre (Reuters) - Etre un paradis fiscal 
au coeur de la Suisse ne suffit plus au petit canton de Zoug, 
qui se réinvente en "Crypto Valley" avec des initiatives 
pionnières liées à la monnaie virtuelle. 
    Les rives du lac de Zoug accueillent déjà le siège du géant 
minier Glencore  GLEN.L  et servent de boîte aux lettres à des 
milliers d'entreprises grâce à une législation fiscale 
attirante. 
    Les réformes en cours de la fiscalité et la mort annoncée du 
secret bancaire menacent désormais ce modèle et ont conduit le 
canton à prendre le virage de la technologie financière 
("fintech"). 
    Ce mouvement baptisé "Crypto Valley", qui s'inspire 
ouvertement de la Silicon Valley californienne, est une 
opération de promotion destinée à attirer de jeunes entreprises 
utilisant le bitcoin et les technologies associées, comme par 
exemple des applications mobiles. 
    En juillet, la capitale cantonale, Zoug, a lancé un 
programme permettant aux habitants de payer en bitcoin dans les 
services publics. Une première mondiale, selon les médias 
suisses. 
    Une douzaine de sociétés spécialisées ont déjà choisi Zoug 
et ses environs, parmi lesquelles Ethereum, qui propose la 
technologie associée à une unité de compte virtuelle baptisée 
Ether, la grande rivale du bitcoin. 
     
    LE MAIRE VOIT GRAND 
    Le maire de Zoug, Dolfi Müller, veut en attirer d'autres 
dans le cadre d'un programme de développement à l'horizon 2035 
destiné à permettre à l'économie locale de se renouveler. 
    "Nous sommes l'un des plus petites villes mondialisées de la 
planète", dit-il. "Nous ne laisserons pas cette dynamique 
s'essouffler." 
    Tout le monde ne partage pas cet enthousiasme. Pour Gregor 
Bruhin, membre centriste du conseil de la ville de Zoug, le 
projet de "Crypto Valley" est "spéculatif". Le secteur, dit-il, 
est volatil et attire les pratiques criminelles comme le 
piratage informatique. 
    Le Sud-Africain Johann Gevers, qui fut l'un des premiers à 
choisir Zoug en y installant il y a trois ans sa plate-forme de 
transactions en monnaie virtuelle, Monetas, est persuadé pour sa 
part que le petit canton a choisi le bon filon. 
    "Je pense que la crypto-finance est la nouvelle grande vague 
après internet", dit-il. "Le pays qui réussira grâce à une 
législation accueillante à attirer les entreprises de ce secteur 
deviendra le centre financier du futur". 
    Les autorités suisses et le monde de la banque, où l'ère du 
secret touche à sa fin, voient tout cela d'un bon oeil. 
    "Si nous ne nous mettons pas en première ligne dans la 
fintech, nous ne méritons pas notre titre de centre de la 
finance mondiale", dit ainsi Martin Hess, de l'Association 
suisse des banquiers (ASB). 
 
 (Patrick Vignal pour le service français, édité par Benoît Van 
Overstraeten) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant