Le Canada et l'UE signent le traité CETA de libre-échange

le , mis à jour à 15:46
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 (Actualisé avec réaction de Manuel Valls, 6e paragraphe) 
    par Robert-Jan Bartunek et Philip Blenkinsop 
    BRUXELLES, 30 octobre (Reuters) - Le Canada et l'Union 
européenne ont signé dimanche à Bruxelles le traité CETA de 
libre-échange, destiné à dynamiser le commerce et l'emploi, 
après des semaines d'incertitude liée au rejet momentané de 
l'accord par le parlement de Wallonie. 
    Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a signé le 
traité aux côtés des dirigeants des institutions européennes. 
Cette cérémonie ouvre la voie à l'entrée en vigueur partielle de 
l'accord début 2017, avec la suppression de la majeure partie 
des droits de douane. 
    Le CETA va faire disparaître les tarifs douaniers sur près 
de 99% des marchandises. Les bénéficiaires en seront, par 
exemple, les constructeurs automobiles et l'industrie textile de 
l'UE, sur les produits desquels les droits de douane canadiens 
peuvent se monter à 18% jusqu'à présent. 
    Le Canada, de son côté, bénéficiera à l'exportation de 
quotas plus importants pour ce qui est du porc, du boeuf et du 
blé vers les marchés de l'UE. L'UE pourra exporter vers le 
Canada plus du double du volume actuel autorisé de fromages de 
"haute qualité". 
    Les sociétés de services pourront aussi tirer parti du CETA 
et les entreprises de l'UE seront autorisées à répondre à des 
appels d'offres pour des contrats publics au niveau des 
provinces et des municipalités du Canada, ce qui sera une 
première. 
    Le Premier ministre français, Manuel Valls, a estimé sur 
Twitter que le CETA ouvrait "de nouvelles opportunités 
respectant nos préférences sociales, environnementales". Il a 
qualifié le CETA, d'accord "équilibré", parlant à son propos de 
"libre-échange maîtrisé". 
    Au terme de sept ans de négociations, l'adoption du CETA 
(Comprehensive Economic and Trade Agreement) ne se sera pas fait 
en douceur. Les Wallons, qui représentent moins d'un pour cent 
des 508 millions d'habitants de l'UE susceptibles d'être 
concernés par le CETA, ont soulevé des objections qui ont 
empêché la signature du traité jusqu'au déblocage intervenu 
jeudi puis confirmé vendredi par les votes des parlements locaux 
de Belgique. 
    Le parlement de Wallonie a approuvé l'accord, puis le 
parlement de Bruxelles et celui de la Communauté francophone ont 
fait de même. 
     
    LE TTIP PAS MORT, ASSURE MALMSTRÖM 
    La totalité des 28 gouvernements de l'UE soutiennent le 
CETA, mais la Belgique ne pouvait jusqu'alors donner 
formellement son accord en l'absence du soutien de la totalité 
des entités qui la composent. 
    "Tout est bien qui finit bien", a déclaré le président de la 
Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "Nous avons 20 
négociations en cours et aujourd'hui, nous fixons les normes 
mondiales que l'UE et la Commission européenne souhaitent voir 
accepter par d'autres. 
    Le CETA fait figure de tremplin vers un accord plus large 
entre l'UE et les Etats-Unis, appelé TTIP (traité de 
libre-échange transatlantique), que contestent vivement nombre 
de syndicats et d'organisations écologistes ou politiques en 
Europe. 
    La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a 
estimé samedi que le TTIP n'était pas mort et dit que les 
négociations se poursuivraient avec la future administration 
américaine issue de la présidentielle du 8 novembre. 
    Les partisans du CETA font valoir que cet accord va faire 
bondir de 20% le commerce entre le Canada et l'UE et doper 
l'économie européenne de l'ordre de 12 milliards d'euros par an, 
et l'économie canadienne de 12 milliards de dollars canadiens 
(8,15 milliards d'euros). 
    Pour Ottawa, le CETA va aider à réduire la dépendance du 
Canada vis-à-vis des Etats-Unis en tant que marché 
d'exportation. Pour l'UE, c'est le premier accord commercial 
passé avec un pays du G7, et c'est un succès arraché au moment 
où la crédibilité du bloc européen est entamée par le référendum 
en faveur du Brexit. 
    "C'est un très long processus. Une très large majorité des 
gens, en Europe, sont favorables à l'Europe, mais des 
inquiétudes existent et nous nous devons d'y répondre", a dit 
Cecilia Malmström. "La Commission européenne ne peut pas le 
faire seule". 
    Une centaine de manifestants altermondialistes ont affronté 
les forces de police, dimanche à Bruxelles, cherchant à abattre 
les barrières devant l'entrée principale du bâtiment où avait 
lieu la signature. Les manifestants ont lancé de la peinture 
rouge et, selon un photographe de Reuters, la police a procédé à 
des interpellations. 
 
 (Eric Faye pour le service français) 
 
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