Le camp présidentiel revendique la victoire en Equateur

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 (Actualisé avec nouveaux résultats, déclarations 
supplémentaires, manifestations, contexte) 
    par Alexandra Ulmer et Alexandra Valencia 
    QUITO, 3 avril (Reuters) - Lenin Moreno, dauphin du 
président socialiste sortant Rafael Correa, a revendiqué la 
victoire à l'élection présidentielle organisée dimanche en 
Equateur mais son adversaire soutenu par la droite, l'ancien 
banquier Guillermo Lasso, a contesté les résultats et réclamé un 
nouveau décompte. 
    Lenin Moreno a récolté 51,1% des suffrages contre 48,9% pour 
Guillermo Lasso, a annoncé la commission électorale après 
dépouillement d'un peu plus de 95% des bulletins. La commission 
s'est cependant abstenue de proclamer un vainqueur. 
    Après s'être déclaré victorieux sur la base d'un sondage 
sortie des urnes, Guillermo Lasso a dénoncé ces résultats, qui 
interrompent le mouvement de balancier à l'oeuvre en Amérique 
latine par lequel la droite est revenue au pouvoir en Argentine, 
au Brésil et au Pérou. 
    "Ils ont franchi une limite", a réagi le candidat 
conservateur devant ses partisans réunis dans un hôtel dans sa 
ville de Guayaquil, sur la côte. 
    "Nous allons défendre la volonté du peuple équatorien face à 
cette tentative de fraude", a-t-il ajouté, en s'étonnant de la 
rapidité avec laquelle les résultats ont été annoncés quand il 
avait fallu plusieurs jours après le premier tour en février. 
    Plusieurs centaines de ses partisans se sont rassemblés 
devant les locaux de la commission électorale aussi bien à 
Quito, la capitale, qu'à Guayaquil, en agitant des drapeaux de 
l'Equateur tout en scandant "Non à la fraude" et "Nous ne 
voulons pas être le Venezuela". 
    Le président vénézuélien Nicolas Maduro, lui-même accusé de 
pratiques dictatoriales par ses opposants dans un pays en pleine 
crise économique, a multiplié les messages de félicitations pour 
Lenin Moreno sur Twitter. 
    La police de Guayaquil a tiré des grenades lacrymogènes pour 
empêcher des manifestants de briser un cordon de sécurité devant 
les locaux de la commission électorale, a rapporté un 
journaliste de Reuters. 
     
    CORREA RADIEUX 
    Ignorant cette contestation, Lenin Moreno a célébré dès 
dimanche soir les résultats de l'élection avec ses partisans. 
    "A partir de maintenant, travaillons pour le pays! Nous 
tous!", a-t-il lancé à la foule de ses soutiens rassemblée à 
Quito. Aux côtés du chef de file de la gauche, en fauteuil 
roulant depuis qu'il a été blessé par balles dans une attaque à 
main armée en 1998, figuraient son colistier et actuel 
vice-président Jorge Glas ainsi qu'un Rafael Correa radieux. 
    "La révolution a une nouvelle fois triomphé en Equateur", a 
tweeté ce dernier, qui a annoncé qu'il s'installerait en 
Belgique, le pays de son épouse, à l'issue de son mandat. "La 
droite a perdu, malgré ses millions et ses médias." 
    Au premier tour, le 19 février, l'ancien vice-président, de 
2007 à 2013, est arrivé en tête avec 39,35% des voix; il ne lui 
aurait fallu que 40% pour être directement élu et s'épargner un 
second tour qui s'annonçait plus difficile du fait des reports 
de voix anticipés. 
    Après une décennie de "socialisme corréiste", et sur fond de 
récession économique liée à la baisse des cours du pétrole, les 
électeurs devaient trancher entre la poursuite des politiques du 
président sortant que porte Lenin Moreno, âgé de 64 ans, ou la 
rupture libérale qu'entend mener l'ancien président de Banco de 
Guayaquil (1994-2012). 
 
 (Avec Yury Garcia, Daniel Tapia, et Henry Romero à Guayaquil et 
Jose Llangari et Marian Bazo à Quito; Henri-Pierre André et 
Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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