Le camp Poutine largement favori des législatives en Russie

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    par Andrew Osborn 
    MOSCOU, 18 septembre (Reuters) - Le parti Russie unie, 
favorable au président Vladimir Poutine, devrait renforcer son 
emprise sur la chambre basse du parlement russe à l'occasion des 
élections législatives organisées ce dimanche en Russie. 
    Alors que le chef de l'Etat jouit toujours d'une popularité 
élevée malgré un sévère ralentissement économique lié à 
l'effondrement des cours du pétrole, ces élections législatives 
peuvent être vues comme un tour de chauffe avant le prochain 
scrutin présidentiel en 2018, auquel Vladimir Poutine sera selon 
toute vraisemblance candidat. 
    Elles serviront aussi de test au Kremlin pour sa capacité à 
éviter tout mouvement de contestation similaire à celui qui 
avait suivi les précédentes législatives en 2011. Dénonçant des 
fraudes, l'opposition avait alors organisé de vastes 
manifestations contre Vladimir Poutine à Moscou. 
    Emmenée par le Premier ministre Dmitri Medvedev, Russie unie 
occupe 238 des 450 sièges de la Douma, elle contrôle les 
parlements régionaux et son action est généralement dépeinte 
sous un jour favorable par la télévision publique, principale 
source d'informations pour une majorité de Russes. 
    Le parti, qui peut compter sur l'appui des trois autres 
formations représentées à la Douma, profite en outre du fait 
qu'il est étroitement associé dans l'esprit des électeurs à 
Vladimir Poutine, dont la cote de popularité se situe aux 
alentours de 80% après 17 années au pouvoir, en tant que 
président ou Premier ministre. 
    La popularité du chef de l'Etat n'a pas souffert des 
sanctions occidentales imposées à la Russie, présentées par le 
Kremlin, repris par les médias officiels, comme une volonté 
d'affaiblissement du pays après son annexion de la Crimée en 
2014. 
     
    OBSERVATEURS DE L'OSCE 
    A l'inverse, l'opposition dite libérale, qui ne compte qu'un 
seul représentant à la Douma, se plaint de ne pas avoir accès 
aux plateaux de télévision, d'être calomniée par les médias 
d'Etat et de voir ses rassemblements électoraux systématiquement 
perturbés par des provocateurs favorables au pouvoir en place, 
ce que le camp présidentiel dément. 
    Le principal défi pour le Kremlin sera celui de la 
participation alors que certains sondages témoignent d'une 
apathie assez répandue parmi les plus de 110 millions 
d'électeurs inscrits sur les listes. 
    Vladimir Poutine juge prématuré de dire s'il sera ou non 
candidat à un quatrième mandat de président en 2018. S'il se 
lance et l'emporte, il restera au pouvoir jusqu'en 2024 au 
moins. 
    Soucieux d'éviter une répétition des manifestations de 2011, 
le Kremlin assure que ces élections seront les plus honnêtes 
dans l'histoire récente de la Russie. 
    Des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la 
coopération en Europe (OSCE) ont été autorisés à surveiller le 
scrutin et la commission électorale centrale a été renouvelée et 
dotée en mars d'une nouvelle présidente, Ella Pamfilova. 
    Les autorités ont aussi rétabli un système de vote jugé plus 
équitable, avec la moitié des députés élus au scrutin uninominal 
et l'autre moitié élue au scrutin de liste. La Douma sortante a 
été élue intégralement au scrutin de liste. 
    Les premiers sondages à la sortie des urnes devraient être 
publiés à 18h00 GMT. 
 
 (Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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