Le camp Keita veut croire à une victoire au 1er tour au Mali

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FORTE PARTICIPATION À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE MALIENNE
FORTE PARTICIPATION À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE MALIENNE

par David Lewis et Adama Diarra

BAMAKO (Reuters) - Les autorités maliennes se sont félicitées lundi de la participation relativement élevée et de l'absence de violences lors de l'élection présidentielle de dimanche, y voyant le signe que la population est impatiente de tourner la page de plus d'un an de troubles.

Les résultats ne sont pas attendus avant mardi, mais cela n'a pas empêché l'ex-Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita, surnommé "IBK", d'affirmer qu'une victoire dès le premier tour était à portée de main.

Mahamadou Camara, porte-parole de Keita, a indiqué que d'après les décomptes de son camp, "IBK" dépassait nettement les 50% nécessaires pour éviter un second tour, qui aura lieu le 11 août si aucun candidat n'atteint ce seuil.

Les adversaires de Keita, au nombre desquels l'ex-ministre des Finances Soumaïla Cissé, l'ancien Premier ministre Modibo Sidibé et Dramane Dembélé, candidat du plus important parti politique, se sont déclarés certains qu'un second tour serait nécessaire.

Les trois hommes, tous membres de la coalition FDR (Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la république), créée pour s'opposer à la junte l'an dernier, se sont retrouvés lundi pour publier un communiqué commun.

"Il ne peut y avoir de victoire au premier tour", a déclaré Amadou Koita, porte-parole de la coalition.

La presse malienne de lundi a loué le scrutin de dimanche, et le journal gouvernemental L'Essor a parlé d'un taux de participation "exceptionnel".

Dans certains bureaux de vote où les journalistes de Reuters ont pu aller dimanche, la participation était de l'ordre de 55% à 65%, alors qu'aux précédents scrutins présidentiels, elle n'avait jamais dépassé 40%. La participation à Tombouctou, ville occupée jusqu'à l'intervention française en début d'année par des islamistes liés à Al Qaïda, a dépassé les 50% malgré les menaces d'attentats islamistes.

Les observateurs n'ont pas signalé d'incidents majeurs.

Le chef des observateurs de l'Union européenne, l'ancien ministre belge des Affaires étrangères Louis Michel, a estimé lundi que le scrutin s'était déroulé dans une atmosphère de calme et il a confirmé que la participation avait été supérieure à 50% en certains endroits.

PROFIL BAS A KIDAL

"Aucun incident majeur n'a pas été signalé, même s'il y a eu des imperfections", a-t-il dit à la presse à Bamako.

"Mais aucun de ces incidents, aucune de ces imperfections ne peut remettre en question la légitimité des résultats", a-t-il souligné.

Exemple de problèmes rencontrés, certains Maliens ont eu du mal à trouver le bureau où ils devaient voter, et des milliers de personnes déplacées par le conflit des derniers mois n'ont sans doute pas pu aller voter car ils n'ont pas reçu leurs nouvelles cartes d'identité.

A Kidal, l'ancien bastion touareg où le scrutin a pu se tenir grâce à un accord intervenu avec le pouvoir de Bamako, les opérations de vote sont restées feutrées, de l'avis des observateurs et de certains habitants. Le président qui sortira des urnes aura la tâche de conclure une paix à long terme avec les séparatistes touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

Quelques protestations ont eu lieu à Kidal contre le scrutin, ont dit les observateurs et à Menaka, autre ville du nord du pays, des séparatistes du MNLA ont tenté d'empêcher les gens de voter, a-t-on dit de source proche de l'Onu.

Avec cette élection, le Mali espère tourner la page du coup d'Etat de mars 2012 et de l'occupation du nord du pays par les islamistes radicaux, qui a pris fin avec l'intervention de l'armée française en janvier.

Des milliers de soldats français et africains ont rétabli l'intégrité territoriale du pays et une mission de maintien de la paix des Nations unies, la Minusma, forte de 12.600 hommes, est en cours de déploiement pour stabiliser le pays.

La France espère retirer une bonne partie de ses quelque 3.000 hommes sur place d'ici la fin de l'année. Les pays donateurs ont promis plus de 3 milliards d'euros d'aide à la reconstruction après l'élection.

Dans un communiqué diffusé par l'Elysée, François Hollande a salué "le bon déroulement du scrutin présidentiel malien, marqué par une mobilisation importante et une absence d'incident majeur, selon les premières observations de la mission de l'Union Européenne".

Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français

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