Le camp de Sarkozy évoque les difficultés de la campagne

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LE CAMP DE SARKOZY ÉVOQUE LES DIFFICULTÉS DE CAMPAGNE
LE CAMP DE SARKOZY ÉVOQUE LES DIFFICULTÉS DE CAMPAGNE

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La porte-parole de Nicolas Sarkozy a implicitement reconnu mardi les difficultés auxquelles se heurte le chef de l'Etat dans sa quête d'un second mandat et mis en cause le "brouhaha" ambiant, regrettant que la majorité s'y laisse parfois "entraîner".

Lors d'une conférence de presse au QG du président-candidat, Nathalie Kosciusko-Morizet a attaqué son adversaire socialiste, François Hollande, favori des sondages, qu'elle a accusé de ne pas faire campagne sur un programme mais sur des "polémiques".

"Nicolas Sarkozy fait campagne sur des propositions dont j'aimerais qu'on parle plus", a-t-elle déclaré. "La semaine passée, il y a eu énormément de polémiques, qui ont un petit peu masqué les propositions. C'est vrai que la dernière semaine, il y a eu parfois une sensation de brouhaha."

"Ça ne gêne pas beaucoup François Hollande, dont les propositions sont extrêmement floues et qui change d'avis tout le temps, ça permet plutôt de masquer ses volte-face", a-t-elle ajouté. "Nous, ça nous gêne, parce que Nicolas Sarkozy fait campagne sur des mesures, des propositions, des valeurs."

Les courbes des sondages sur les intentions de vote au premier tour de la présidentielle, le 22 avril, que Nicolas Sarkozy espérait voir se croiser en sa faveur après une entrée en campagne en fanfare, s'écartent de nouveau.

Dans le dernier sondage Ipsos en date publié mardi par Le Monde, France Télévisions et Radio France, François Hollande perd deux points, à 29,5%, mais Nicolas Sarkozy cède autant de terrain, à 25%. Soixante-cinq pc des Français jugent en outre que la campagne n'est "pas intéressante".

Nathalie Kosciusko-Morizet faisait notamment allusion aux incidents qui ont marqué jeudi dernier le déplacement du chef de l'Etat sortant à Bayonne, où il a été accueilli par des huées par des militants indépendantistes basques et socialistes.

La proposition surprise de François Hollande sur une tranche d'imposition des revenus à 75% au-dessus d'un million d'euros a rendu inaudibles celles de Nicolas Sarkozy sur l'Education.

"SUJET VIRTUEL"

Le président candidat, qui voulait faire en sorte que le débat électoral tourne autour de ses propositions, a consacré beaucoup d'efforts à répondre au candidat socialiste.

De même qu'il s'est laissé entraîner dans une polémique sur la viande halal, lancée par la candidate du Front national, Marine Le Pen. Polémique qui a jeté le trouble jusque dans sa majorité et son équipe de campagne, ainsi que dans l'électorat juif et musulman.

Elle a été relancée par des propos du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui a associé la question du droit de vote des étrangers aux élections locales - proposé par le PS - et celle de l'abattage rituel musulman.

Nicolas Sarkozy avait critiqué le 21 février une polémique "qui n'a pas lieu d'être", lors d'une visite au marché de gros de Rungis, prêt de Paris. Avant de contribuer à l'alimenter, en proposant notamment l'étiquetage de la viande halal.

Le vote des étrangers et ses conséquences est "un sujet très virtuel", a estimé mardi Nathalie Kosciusko-Morizet.

"On se laisse entraîner (dans) un débat sur les conséquences d'une proposition à laquelle on n'adhère pas", a-t-elle reconnu.

Nicolas Sarkozy a aussi contribué à nourrir cette tendance en durcissant ses attaques ad hominem contre François Hollande, qu'il a notamment qualifié de "tartuffe" samedi à Bordeaux, après l'avoir abondamment accusé de mentir.

"Pour moi, un des enjeux aujourd'hui c'est de réussir à hisser la campagne à son niveau qui est celui d'un vrai débat sur les propositions", a déclaré mardi sa porte-parole.

"RÉFÉRENDUM ANTI-NICOLAS SARKOZY"

Elle a énuméré des propositions modifiées par François Hollande au gré de sa campagne et estimé que le slogan du candidat socialiste ne devrait pas être "Le changement, c'est maintenant" mais "Le changement, c'est tout le temps".

Elle a accusé des membres de l'équipe de campagne de François Hollande de faire "le tour des artistes et des footballeurs pour dire que sa dernière proposition (NDLR : la création d'une tranche d'imposition à 75%), en fait, il ne la mettra pas en oeuvre."

François Hollande "est fuyant", a ajouté la porte-parole de Nicolas Sarkozy. "En politique, le délit de fuite ça existe."

Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé que la campagne des deux principaux candidats relevait de "philosophies différentes" et a accusé celui du PS de vouloir transformer l'élection en "référendum anti-Nicolas Sarkozy".

"Vous avez un candidat qui pense qu'il est porté par les sondages et que son intérêt est de faire en sorte que la campagne se place au niveau de la polémique et finisse en référendum anti-Nicolas Sarkozy", a-t-elle expliqué. "Ce candidat c'est François Hollande."

"Et puis vous avez en face un candidat qui, lui, souhaite faire campagne autour de propositions, les présente les unes après les autres, les développe, les explique", a-t-elle ajouté, tout en reconnaissant que certaines d'entre elles "ont été manifestement insuffisamment expliquées, partagées".

Edité par Yves Clarisse

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  • M1617344 le mardi 6 mar 2012 à 18:00

    C'est tout à fait le style de ces foulles - chiotte incapables de construire quelque chose sinon bavasser sur des ragots pour séduire la populace

  • deforge3 le mardi 6 mar 2012 à 18:00

    hormis la critique generale et gratuite des autres elle ferait mieux d'expliquer quelles sont les propositions nouvelles concretes de star§co puisque celui ci n'a pas été capable de mettre en oeuvre la majeure partie de son programme de 2007 tels les engagements du grenelle de l'environnement pour lesquels il a roulé dans la farine le petit Hulot. Par contre il a mis en place de facon pragmatique le bouclier fiscal

  • newwin le mardi 6 mar 2012 à 17:26

    bouffonne

  • M1900860 le mardi 6 mar 2012 à 17:03

    Si le Sarko avait fait ce qu'il a dit en 2007 il serait maintenant à 60% et c'est MLP qui serait en train de ramer.

  • vince469 le mardi 6 mar 2012 à 16:45

    Marie-Chantal, comme d'hab, reste superficielle. Si elle veut aborder les vrais problèmes, alors il faut aller plein pot sur la réduction massive de la dépense publique, la réduction importante (-50%) des salaires et indemnités des gouvernants (Président, ministres etc..) et des élus, élimination de 75% des élus etc.. Il est temps que le personnel politique montre l'exemple !!

  • y.tiruz le mardi 6 mar 2012 à 16:43

    des footballeurs pros ??? pas le genre a voté socialo ! du moins je l'espere !si çà se trouve je me plante, à ne pas voter aux extrèmes ...