Le calme revient à Tripoli, au Liban

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par Nazih Siddiq TRIPOLI, Liban, 27 octobre (Reuters) - Le calme est revenu lundi à Tripoli, dans le nord du Liban, après plus de 48 heures d'affrontements entre l'armée et des islamistes venus pour certains de Syrie, selon les autorités. Ces combats ont été parmi les plus violents au Liban en relation avec la guerre civile en Syrie voisine. Ils ont coûté la vie à au moins 11 militaires et huit civils. "L'opération est terminée et l'armée est en train de pénétrer dans les secteurs où les hommes armés étaient retranchés afin de les disperser", a déclaré à Reuters un responsable politique sunnite de Tripoli, Samir Jisr. Tripoli a été le théâtre de plusieurs éruptions de violence depuis le début du conflit en Syrie en 2011. Cette ville, la plus importante du Liban derrière Beyrouth, est réputée pour être une place forte des radicaux sunnites. Ceux-ci accusent l'armée libanaise de coopérer avec le Hezbollah, mouvement chiite libanais qui a envoyé des combattants en Syrie pour aider les forces de Bachar al Assad. L'armée a repris lundi un secteur de Tripoli où se trouve une mosquée utilisée comme base arrière par les islamistes dans le quartier de Bab el Tebbané. Les civils avaient auparavant été autorisés à partir dans le cadre d'une trêve humanitaire demandée par les dignitaires sunnites locaux. Une brève fusillade a éclaté lorsque l'armée est ensuite entrée dans le faubourg et a commencé à le ratisser. On ignore ce que sont devenus les islamistes armés. Selon des sources proches des services de sécurité, certains pourraient avoir fui avec les civils. Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a déclaré que les hommes armés n'étaient pas plus de 200 et qu'ils venaient du Liban et de Syrie. CONDAMNATIONS D'autres affrontements ont été signalés au cours du week-end dans le nord du Liban, notamment près des localités de Bhannine et Menyé. Pour la première fois depuis des années, l'armée a eu recours à des hélicoptères pour tirer des roquettes sur les activistes. Il s'agit des plus graves affrontements au Liban liés au conflit syrien depuis la bataille à Ersal, ville de la plaine de la Bekaa près de la frontière syrienne, où des islamistes ont tué en août une vingtaine de militaires libanais et en ont capturé plus de 30 autres, dont trois ont été exécutés. Des responsables de l'ensemble de l'échiquier politique libanais, pourtant fortement fragmenté et divisé, ont condamné les violences à Tripoli. Le Premier ministre, Tammam Salam, a réuni lundi ses ministres de la Défense, de l'Intérieur et de la Justice ainsi que les responsables de l'appareil de sécurité, dont le chef de l'armée. Il a déclaré qu'il était "nécessaire de poursuivre l'affrontement", rapportent ses services dans un communiqué. "Le gouvernement serre les rangs derrière les forces militaires et sécuritaires légitimes dans leur lutte contre le terrorisme et en faveur du rétablissement de la sécurité à Tripoli et dans le Nord", a déclaré le chef du gouvernement. (Avec Laila Bassam à Beyrouth; Bertrand Boucey pour le service français)

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