Le calme revient à la frontière syro-turque

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LA CALME REVIENT À LA FRONTIÈRE ENTRE LA SYRIE ET LA TURQUIE
LA CALME REVIENT À LA FRONTIÈRE ENTRE LA SYRIE ET LA TURQUIE

BEYROUTH/AKÇAKALE, Turquie (Reuters) - La tension est restée palpable vendredi à la frontière entre la Turquie et la Syrie au surlendemain d'un bombardement syrien meurtrier en territoire turc condamné par le Conseil de sécurité de l'Onu, mais aucun incident n'a été signalé.

A Istanbul, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a lancé une nouvelle mise en garde à Damas en soulignant que quiconque voudrait tester les capacités de dissuasion de la Turquie commettrait une "erreur fatale".

"Nous ne voulons pas la guerre, mais nous n'en sommes pas loin non plus. Ce pays a dû traverser des guerres sur divers continents pour être ce qu'il est aujourd'hui", a dit Erdogan à une foule rassemblée à Istanbul, où 5.000 personnes ont défilé pacifiquement la veille au soir "contre la guerre", mais aussi contre l'AKP, le parti du Premier ministre.

Depuis la mort de cinq civils turcs mercredi dans le tir d'un obus de mortier sur la ville frontalière d'Akçakale, Ankara a riposté en bombardant une cible militaire syrienne, tuant plusieurs militaires de l'autre côté de la frontière, et son parlement a donné son aval à des opérations transfrontalières si nécessaire.

La Turquie se dit prête à lancer des frappes de représailles en cas de nouveaux débordements du conflit syrien sur son territoire mais entend aussi agir dans le cadre du droit international et en coordination avec les autres puissances.

Selon un sondage réalisé sur internet par le journal Hurriyet, 60% des Turcs sont hostiles au déploiement de forces militaires hors du territoire turc, de crainte que le pays ne soit entraîné dans un conflit extérieur.

Pour les habitants d'Akçakale, le cauchemar a commencé le mois dernier, avec les premiers bombardements des forces syriennes consécutifs à la prise par les rebelles du poste-frontière qui fait face à cette ville de 40.000 âmes, quelques kilomètres plus au sud.

La Turquie accueille plus de 90.000 réfugiés en provenance de Syrie et craint un afflux massif, comme ce qui s'était passé après la première guerre du Golfe en 1991, avec l'arrivée sur son sol d'un demi-million de Kurdes irakiens.

L'ONU CONDAMNE

A New York, le Conseil de sécurité des Nations unies, saisi à la demande d'Ankara, a produit une déclaration condamnant "dans les termes les plus fermes" les tirs syriens, malgré les réticences de la Russie, allié de la Syrie, et exigé l'arrêt immédiat de ces "violations du droit international".

Un consensus au sein du Conseil sur la Syrie est chose rare. Le Conseil est bloqué sur le dossier syrien depuis plus d'un an, la Russie et la Chine rejetant les appels à des sanctions contre le gouvernement de Damas.

La Russie, alliée de la Syrie, a dit avoir reçu l'assurance de Damas que la frappe au mortier de mercredi était un accident tragique, qu'elle s'est produite dans le cadre des combats entre les forces loyales au président Bachar al Assad et les rebelles qui essaient de le renverser.

Les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils considéraient la réponse turque au bombardement syrien comme proportionnée et conçue pour être dissuasive.

En Syrie, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a fait état d'une vingtaine de morts dans des affrontements à travers la Syrie, après 180 décès dont 48 soldats loyalistes pour la seule journée de jeudi.

Plus de 30.000 personnes ont péri depuis le début du soulèvement contre le président Bachar al Assad en mars 2011, selon l'OSDH, une ONG basée en Grande-Bretagne s'appuyant sur un réseau d'informateurs en Syrie.

LES REBELLES DISENT AVOIR PRIS UNE BASE

Dans une vidéo postée sur YouTube, des rebelles ont affirmé s'être emparés jeudi d'une base aérienne syrienne à la périphérie est de Damas.

Le document montre plusieurs dizaines d'insurgés en tenue de combat pavoisant devant un bâtiment militaire d'où s'échappe une fumée noire.

Sur le document, un insurgé, fusil d'assaut à la main, dit que la base se situe dans la zone de la Gouta orientale et que l'assaut a été effectué par un bataillon venant de la ville de Douma, deux endroits situés à l'est de Damas.

Une autre vidéo montre la cache d'armes qui semble contenir des éléments d'un missile sol-air.

Il est impossible de vérifier l'authenticité de ces documents. L'accès en Syrie des journalistes étrangers est restreint par les autorités.

Guy Kerivel, Danielle Rouquié, Pascal Liétout et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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