Le cadre de La Poste qui s'est suicidé a évoqué son "anxiété"

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RENNES (Reuters) - Le syndicat CFDT et la compagne du cadre de La Poste qui s'est suicidé mercredi sur son lieu de travail à Rennes ont mis en cause les conditions de travail du jeune homme en s'appuyant sur la lettre d'explications laissée à ses proches.

"Il voulait réussir mais on ne lui en donnait pas les moyens", a déclaré vendredi Elodie Briand, la compagne de cet ancien facteur de 28 ans qui était devenu cadre supérieur à la suite d'un concours interne.

Lors d'une conférence de presse, la jeune femme a lu quelques paragraphes de la lettre laissée à sa famille où le jeune postier estime avoir été "remis en cause en permanence" et dénonce "un contexte opprimant".

"Depuis que je suis cadre, j'ai cherché en vain à me former, à écouter, mais rien ne semble y faire", écrit-il, évoquant également une situation ayant engendré "un manque de confiance terrible" et "une anxiété profonde".

"Jérémy voulait faire avancer les choses et on l'a détruit en voulant l'évincer", a jugé sa compagne.

Jérémy Buan, entré à la Poste à Rennes comme salarié en 2005, avait été muté en septembre 2010 à Lannion, dans les Côtes d'Armor, comme directeur adjoint avant de revenir à Rennes fin 2011 pour rejoindre la direction du développement industriel de l'entreprise.

Il devait rejoindre en avril une nouvelle plate-forme de distribution du courrier près de Rennes à un poste ne correspondant pas à ses qualifications.

"Jérémy était quelqu'un de très volontaire, dynamique, très sociable. Mais il a subi différentes mutations plus ou moins brutales et pas forcément choisies", a indiqué Yohan Ménard, responsable départemental de la CFDT pour la Poste.

La veille de son suicide, Jérémy Buan avait participé à une réunion avec sa hiérarchie où il aurait subi des reproches qui pourraient avoir été l'élément déclencheur de son geste, selon le syndicat qui insiste sur sa "souffrance" et déplore un accompagnement "insuffisant".

Le CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de la Poste de Rennes, l'inspection du travail et la police ont ouvert trois enquêtes distinctes sur les circonstances de la mort du jeune postier, père d'une petite fille de quelques mois.

Avant de se jeter du quatrième étage du Palais du Commerce à Rennes où est situé la poste centrale, Jérémy Buan était resté durant deux heures seul dans un bureau qu'il avait occupé auparavant, où il a également laissé quelques lignes qui ont été saisies par la police.

Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse

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