Le CAC 40 termine bien la semaine

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L. Grassin
L. Grassin

(lerevenu.com) - La tendance est aux prises de bénéfices à la Bourse de Paris, sous la résistance des 4.300 points. Malgré sa hausse de 0,58% en clôture ce vendredi, à 4.279 points,
le CAC 40 a cédé 0,3% sur la semaine.

La semaine boursière s'est révélée hésitante sur les places mondiales, avec quelques inquiétudes aux Etats-Unis sur une éventuelle diminution des rachats d'actifs du 'QE'. Wall Street, de son côté, évoluait de manière un peu plus incertaine, mais résistait sur des niveaux proches des sommets historiques.

Les 31 analystes interrogés par Bloomberg sur la croissance française anticipent en moyenne un PIB en hausse de 0,2% au 4ème trimestre, conformément à leur précédente estimation. Les projections pour le premier et le second trimestre 2014 sont également inchangées, respectivement à +0,2% et +0,3%.

Pour le dernier trimestre 2013, les projections de croissance vont de 0 à +0,4%. Aucun économiste ne redoute de contraction.

L'indice composite flash français, qui combine l'industrie et les services, est retombé à 48,5, contre 50,5 en octobre, selon les premières estimations PMI publiées par Markit hier.
L'indice des services a reculé à un plancher de quatre mois à 48,8, contre 50,9 et 51 attendu par le consensus des économistes. La contraction s'est accentuée dans le secteur manufacturier, l'indice retombant à un plus bas de 6 mois à 47,8, contre 49,5 attendu.

La France a levé 6,450 milliards d'euros d'OAT à moyen et long terme ainsi que 1,599 MdE d'obligations indexées sur l'inflation. Dans le détail, l'AFT a levé 3,425 milliards d'euros d'OAT à échéance avril 2016 à un taux moyen de 0,31%, avec un taux de couverture de 2,21. 3,025 MdsE d'OAT à échéance novembre 2018 ont également été émis à un rendement moyen de 1,02%. La demande a représenté 2,37 fois l'offre. 0,749 MdE d'OAT indexées sur l'inflation à échéance juillet 2018 ont aussi été vendus à un taux moyen de -0,26% et avec un taux de couverture de 2,30. Enfin, 0,315 MdE d'OAT indexées sur l'inflation à échéance juillet 2024 ont été émis à un rendement moyen de 0,79%.

L'OCDE a réduit ses prévisions de croissance mondiale pour 2013, dans sa mise à jour automnale dévoilée cette semaine. L'organisation table sur une progression du PIB mondial de 2,7% cette année, loin des 3,6% envisagés en mai. Pour 2014, le curseur est ramené de 4 à 3,6%. En 2015, l'OCDE vise 3,9%. Dans la zone euro, la prévision de croissance s'établit à -0,4% cette année, puis à 1% l'année prochaine et 1,6% en 2015. Aux Etats-Unis, elle ressort à 1,7% cette année, 2,9% l'année prochaine et 3,4% en 2015. Le Japon afficherait 1,8% cette année, mais -1,5% l'année prochaine et -1% en 2015.

La Banque centrale européenne envisagerait de rendre son taux de dépôt négatif, selon les informations de Bloomberg mercredi. L'agence, qui cite des sources non identifiées, précise que l'Institution pourrait abaisser son taux à -0,1%, ce qui consisterait donc à faire payer les banques pour l'argent qu'elles placent auprès de la BCE. La BCE ajusterait ainsi pour la première fois ses taux d'intérêt par moins de 0,25%. Le concept, qui a été examiné par les membres du Conseil, n'a pas encore de consensus, ajoute Bloomberg. Ces derniers, qui se réunissent à Francfort cette semaine, estimeraient qu'un taux de dépôt négatif est un outil potentiel pour conjurer la déflation. Ils se montreraient toutefois prudents face à une telle mesure, sans précédent, et dont les conséquences ne sont pas claires...

La BCE a surpris les marchés en décidant de ramener ce mois-ci son taux d'intérêt directeur à 0,25% et Mario Draghi a prévenu que la banque centrale était prête à adopter des taux négatifs si cela s'avérait nécessaire.

Selon sa dernière estimation flash, l'Indice PMI Composite Markit de l'Activité Globale dans l'Eurozone se maintient à un niveau supérieur à la barre des 50 pour le 5e mois consécutif en novembre. S'inscrivant à 51,5 contre 51,9 en octobre, l'indice signale toutefois un léger ralentissement de la croissance pour le 2eme mois consécutif. Le consensus tablait sur un indice à 52.

L'indice allemand Ifo dévoilé ce jour est ressorti à 109,3 points en novembre, supérieur aux attentes des économistes (107,7). La composante actuelle a atteint 112,2 (111,6 attendu) et les attentes 106,3 points (104 attendu). L'indice Ifo est compilé chaque mois à partir des réponses de 7.000 professionnels allemands des différents secteurs économiques concernés. Il représente leur vision à six mois et leur sentiment au moment de l'enquête. Une synthèse des deux indicateurs fournit l'indice principal de climat des affaires.

Alors que Wall Street évoluait en début de semaine sur ses sommets historiques, les indices S&P 500 et Dow Jones ayant même franchi les niveaux records de 1.800 points et 16.000 points, l'investisseur milliardaire Carl Icahn, qui compte parmi les plus respectés de la place, alertait les investisseurs... Icahn, qui s'exprimait lors du sommet Reuters sur les perspectives globales d'investissement, s'est ainsi déclaré "très prudent sur les actions".

L'investisseur activiste, qui a récemment empoché une très belle plus-value sur Netflix et vient de prendre une position conséquente au capital d'Apple en réclamant au management du groupe un programme géant de rachats d'actions de 150 milliards de dollars, n'a toutefois pas d'intention de sortir de cette dernière position. Icahn ajoute qu'il ne veut pas se battre avec Apple. D'après les propos relayés par Reuters, Carl Icahn estime que les résultats de nombreuses compagnies ne sont que des "mirages".

En outre, Icahn juge que "le marché pourrait facilement faire une grosse chute" ! Selon lui, les bénéfices des entreprises pourraient être alimentés par un environnement de faibles taux d'intérêt, plutôt que par de forts managements. Le milliardaire activiste de 77 ans a par ailleurs profité du sommet Reuters pour vanter les mérites de ses propres investissements. Selon lui, durant les cinq dernières années, les investisseurs qui auraient acheté des titres des compagnies dans lesquelles sa firme avait pris des participations et obtenu des positions au conseil d'administration, auraient dégagé 28% de rendement annualisé en conservant leurs actions aussi longtemps que l'activiste gardait son influence au 'board'.

La nomination de Janet Yellen en tant que présidente de la Fed, votée hier jeudi par le Comité bancaire du Sénat, a reçu assez de votes favorables pour une approbation. Après la décision du panel, un vote de confirmation au Sénat aura lieu en fin d'année. En cas de confirmation, Yellen, 67 ans, sera alors officiellement la première femme à diriger la Banque centrale américaine. Elle prendra la succession de Ben Bernanke, dont le mandat expire en janvier 2014.

Le Comité bancaire comprend 12 démocrates sur 22 sièges. Il a donc voté ce jour en faveur de l'acceptation de la confirmation future de Yellen, qui sera par la suite considérée par le Sénat.

La politique monétaire américaine restera probablement ultra-accommodante pendant longtemps, après le franchissement des seuils fixés par la Fed en matière d'inflation et d'emploi, a promis Yellen dans une lettre à une sénatrice américaine, Elizabeth Warren. "La politique monétaire devrait probablement rester hautement accommodante longtemps après que l'un des seuils économiques pour le taux des fonds fédéraux aura été franchi", a écrit Yellen.

La future dirigeante de la Fed a également précisé aujourd'hui que la Banque centrale "surveillait les marchés financiers très attentivement". Elle ajoute qu'une grande majorité des membres du Comité de politique monétaire de la Fed pense que le 'QE' (assouplissement monétaire quantitatif par rachats de 85 Mds$ mensuels d'obligations) "a soutenu une reprise économique plus forte"...

Les taux directeurs de la Fed ne sont pas près d'être relevés... C'était en substance le message distillé par Ben Bernanke, le président de la Fed, en début de semaine. Le président sortant de la banque centrale américaine a affirmé ainsi que les taux directeurs pourraient rester bas "bien après" que le taux de chômage soit tombé sous la barre des 6,5%, et même après le retrait des mesures exceptionnelles d'assouplissement quantitatif ("QE3").

Jusqu'à présent, le patron de la Fed avait laissé entendre qu'un relèvement des taux pourrait intervenir lorsque l'emploi aurait retrouvé ce niveau jugé plus satisfaisant de 6,5%... Lors d'un diner du Club des économistes à Washington, Ben Bernanke a donc expliqué que "même après que le taux de chômage sera tombé sous les 6,5%, la Fed pourra patienter et s'assurer que le marché de l'emploi est suffisamment solide avant d'envisager d'augmenter le taux des Fed funds".

De plus, ce taux "devrait rester proche de zéro pour une durée considérable après la fin des achats d'actifs (de la Fed) et peut-être bien après que l'objectif de taux de chômage soit atteint, et au moins jusqu'à ce qu'un faisceau d'autres indicateurs soutienne le début d'un retrait de la politique accommodante", a-t-il encore précisé.

Le patron de la Fed, qui cèdera sa place le 1er février prochain à Janet Yellen, n'a en revanche pas donné d'indications sur le calendrier du retrait des injections de liquidités de 85 milliards de dollars par mois. Il s'est borné à répéter que le début de ce retrait dépendrait des futures statistiques économiques... La plupart des économistes estiment que le début du retrait de "QE3" interviendra en mars 2014, après la prise de fonction de Janet Yellen, le temps pour la Fed de disposer d'une batteries de statistiques fiables, débarrassées de l'effet de la paralysie des principaux services de l'Etat en octobre, qui va peser sur le PIB du 4ème trimestre...

LES VALEURS

STMicroelectronics (+5% sur cinq séances). ST s'est réveillé cette semaine en bourse. L'afflux acheteur trouvait son origine dans les commentaires du CEO Carlo Bozotti lors de la conférence investisseurs sur les valeurs technologiques organisée par Morgan Stanley à Barcelone, dont la teneur était rapportée par Bloomberg. Le dirigeant a évoqué de meilleures entrées de commandes en octobre, notamment en Asie, qui renforcent les objectifs annuels. Il a cependant concédé que la visibilité restait médiocre sur le début 2014 car les donneurs d'ordres réagissent à brève échéance.

Renault (+5% sur cinq jours). Les immatriculations de véhicules particuliers neufs ont confirmé leur hausse en octobre en Europe, en progressant de 4,7% à 1.004.935 unités. C'est la première fois depuis septembre 2011 que le marché connaît deux mois consécutifs de hausse, note l'ACEA, qui compile les données. Sur dix mois, les immatriculations baissent de -3,1% à 10.006.807 véhicules.

En octobre, le marché italien a baissé (-5,6%), mais l'Allemagne (+2,3%), la France (+2,6%), le Royaume-Uni (+4%) et l'Espagne (+34,4%) ont progressé. Le marché espagnol a cependant été dopé par les primes proposées par le gouvernement. L'ACEA signale malgré tout qu'en valeur absolue, ce mois d'octobre est le second plus faible jamais enregistré depuis que les données sont collectées.

Par constructeur, Peugeot SA perd encore des parts de marché, avec des ventes en repli de -0,9% sur le mois d'octobre. La marque Peugeot est cependant en progression de 1,5% alors que Citroën recule de -3,8%. Le groupe a immatriculé 117.070 véhicules, et pèse 11,6% du marché contre 12,3% un an avant. Renault a bondi de 14,8% à 97.174 immatriculations, soit 9,7% du marché contre 8,8% un an avant. Le constructeur profite à la fois de la marque au losange (+14,1%) et de Dacia (+16,8%). Hormis Fiat et PSA, toutes les marques du "Top 10" sont en hausse.

Publicis (+2% cette semaine). La fusion entre Omnicom et Publicis devrait finalement être bouclée au plus tard à la mi-2014. L'opération, qui doit donner naissance au numéro un mondial de la publicité, devait initialement être finalisée au premier trimestre 2014. Mais, les patrons des deux groupes, John Wren pour Omnicom et Maurice Lévy pour Publicis, ont expliqué que quelques autorisations réglementaires se faisaient encore attendre, notamment en Russie et dans l'Union européenne, et que cela pourrait retarder la finalisation de l'accord.

Lorsque les deux groupes auront reçu le feu vert, le conseil d'administration de la nouvelle entité se réunira pour discuter d'une distribution aux actionnaires en sus du ratio de 35% déjà annoncé pour le paiement du dividende. "Nous nous sommes engagés en faveur d'un dividende de 35% (...) et cela sera fait. Et quand le nouveau conseil d'administration sera installé, nous verrons comment redistribuer le restant des résultats aux actionnaires après avoir prélevé le nécessaire pour nos besoins", a ainsi affirmé le patron d'Omnicom.

John Wren a précisé que le nouveau groupe réaliserait des acquisitions mais pas de la même portée que les années précédentes, ce qui lui permettra de mieux rémunérer ses actionnaires.

Vallourec (-3% sur la semaine). Les analystes de Kepler Cheuvreux restent à l'achat sur Vallourec mais avec un objectif de cours réduit de 54 à 50 euros. Kepler Cheuvreux a réduit ses estimations de résultats 2014 en prenant en compte un décalage de 6 mois dans les hausses de prix que les analystes espéraient aux Etats-Unis. Le consensus de 1 milliard d'Euros d'EBITDA pour 2014 et 2015 est jugé particulièrement conservateur.

Oddo, de son côté, reste "neutre" sur Vallourec en visant un cours de 42 euros, avec la "confirmation d'un momentum moins favorable pour les trois prochains trimestres en raison entre autres de moindres livraisons de tubes à très forte valeur ajoutée au Brésil pour le compte de Petrobras" commente le broker. "D'autres facteurs doivent également être pris en compte dont le 'mix' en Amérique du Nord et le poids des devises".

Bouygues (-4% sur la semaine). Pour Fitch Ratings, la concurrence féroce à laquelle se livrent les opérateurs de téléphonie mobile pour capter de nouveaux abonnés à l'approche du déploiement massif des réseaux 4G en Europe risque de peser sur les retombées qu'ils étaient en droit d'attendre de la croissance du trafic de données. L'agence de notation explique qu'il s'agit là d'une des causes de sa vision négative pour le secteur ces prochaines années.

Les acteurs qui cherchent à conserver leurs abonnés à dépenses élevées ont jusque-là eu un certain succès avec des offres 4G supérieures de 15% aux forfaits 3G. Cependant, Fitch pense que les prix vont reculer à mesure que les réseaux vont s'étoffer. Pour ne rien arranger, les câblopérateurs semblent désormais en mesure de venir se tailler une part du gâteau.

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